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par Rémy Mauduit (Madoui)
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Résumé
de léditeur : Dans les années 30 et 40 apparurent deux fascinantes innovations :
(1) un avion-cargo à module de fuselage amovible configurable selon la mission et (2) la
possibilité deffectuer des vols à grande autonomie (dune durée de presque
un mois). Cet article explore limpact opérationnel potentiel dune combinaison
de ces deux innovations créant un système aérien modulaire à rayon daction
planétaire offrant de nouvelles options significatives en termes de mobilité aérienne,
de déploiement et de missions de projection de puissance aérienne. |
Comme
la mis en lumière lopération Iraqi
Freedom (OIF), une mobilité aérienne à point nommé et le soutien des forces
militaires américaines continuent à exiger une attention particulière. Un article
publié dans Air Force Magazine et traitant des enseignements en matière de
mobilité initiale tirés de lOIF nota que la « demande de transport aérien
dépasse largement loffre et les officiers supérieurs de lUSAF déclarent
quil est grand temps daccroître la flotte. . . . Les forces de transport
aérien furent poussées à leurs limites. . . . Le général Tommy R. Franks, chef du US
Central Command, fut obligé de modifier son plan de campagne initial pour tenir compte
des limites que lui imposait la taille de la flotte de transport aérien de lUSAF. .
. . [Le général John W. Handy, chef du US Transportation Command interarmées et de
lAir Mobility Command de lU.S. Air Force
déclara] Je suis fermement convaincu quil est nécessaire de mener une autre
étude des besoins de mobilité (Mobility
Requirements Study) . »1
En
mai 2004, le ministère de la défense lança une étude du potentiel de mobilité prévue
par le guide de planning stratégique de 2004. Daprès les diagrammes de briefing de
létat-major interarmées, létude « identifiera et quantifiera le potentiel
de mobilité nécessaire pour satisfaire les besoins de mobilité planétaire couvrant
tous les aspects de la stratégie militaire nationale.2 Il est également
intéressant de noter que lobjectif, défini par le ministre de la défense, aux
termes duquel il doit être possible de « déployer des troupes sur un théâtre
dopérations lointain en 10 jours, de vaincre un ennemi en 30 jours au maximum et
dêtre prêt à engager un nouveau combat en 30 jours de plus au maximum . . .
servira de référence pour la nouvelle étude. »3
Cet
article propose une méthode permettant davantager linnovation technologique
et opérationnelle dans la mobilité aérienne à léchelle planétaire et pouvant
offrir un moyen extrêmement souple et à court temps de réponse de positionnement
planétaire et de soutien des forces militaires américainesnon seulement à terre
mais également de façon prolongée dans lespace aérien. Cette méthode,
incorporée aux aspects technologiques et opérationnels dun concept de mobilité
aérienne connu sous le nom de transport aérien configurable (configurable air transport,
CAT), offre à lofficier commandant la force une nouvelle solution pour répondre
aux besoins de la guerre du vingt et unième siècle en termes de mobilité, de soutien et
de projection de puissance aérienne.
On
envisage le CAT comme un appareil de la taille du C-5 mais avec un rayon daction
sans ravitaillement en combustible plus de deux fois supérieur, et qui emporte un module
interchangeable au lieu du fuselage traditionnel. Cet appareil peut par conséquent, comme
peut lêtre un chasseur ou un bombardier, être configuré pour une mission
particulière par chargement du module de transport aérien ou de maîtrise de lair
approprié. En fonction de la mission, le CAT pourrait, grâce à sa souplesse, emporter
des modules pour système aéroporté de détection et de contrôle (Airborne Warning and Control System AWACS),
missilier, transport traditionnel, ravitailleur en combustible, appui-feu pour lU.S. Army ou le Marine Corps, patrouille maritime pour lU.S. Navy, communications de secours pour le
ministère de la sécurité du territoire, lutte contre les incendies de forêts, ou aide
humanitaire internationale, entre autres. Les appareils individuels de la flotte de CAT
pourraient être reconfigurés mission par mission, si cela se justifie, pour
répondre rapidement aux besoins changeants de mobilité aérienne, de soutien et de
projection de puissance aérienne dans le monde entier.
Ce
concept de système de mobilité devrait se révéler séduisant pour moderniser les
éléments vieillissants de la flotte existante de transport aérien pour deux raisons. Le
CAT serait pour commencer un appareil moderne à rayon daction planétaire offrant
des performances, installations, soutien, équipage et -entraînement standardisés qui
pourrait constituer, grâce à lutilisation de modules configurables selon la
mission, une voie de modernisation pour un grand nombre des avions de transport existants
tels que lavion-cargo C-5, ainsi que lavion AWACS E-3, le ravitailleur KC-135,
lE-8C à système radar inter-armées de surveillance et dattaque
dobjectifs (Joint Surveillance Target Attack
Radar System JSTARS), lavion dévacuation sanitaire aérienne C-9
et le bombardier B-52. Ensuite, lutilisation de modules configurables selon la
mission permet également lintroduction de nouvelles possibilités de missions sans
limiter les missions existantes ni exiger des modifications coûteuses et prenant du temps
de lappareil CAT. Combinés, ces aspects offrent une option séduisante
dacquisition pour développer un nouveau système de mobilité qui non seulement
remplacerait toute une série dappareils vieillissants lorsquils arrivent à
la fin de leur durée de service mais continuerait également à offrir un potentiel de
combat optimum grâce au développement et à la mise en service de modules de mission
nouveaux ou modernisés.
Larticle
commence par examiner un ancien appareil modulairele Fairchild XC-120. Après une
description technique du CAT et de ses modules de mission, il examine les avantages que
présente lutilisation de ces modules pour le transport du matériel militaires, en
accordant une attention particulière à létablissement de ponts aériens à grand
débit à léchelle planétaire, à la mise en place préalable de forces dans des
bases régionales et au transfert rapide de forces aériennes et terrestres dans des bases
nues avancées. Larticle se termine par une description de la façon dont
lautonomie potentielle de plusieurs jours inhérente à un tel avion de transport à
rayon daction planétaire pourrait, lorsquil est équipé de modules de
mission de maîtrise de lair, permettre deffectuer des opérations de maintien
de la maîtrise de lair. Cela offrirait de nouvelles options de projection
planétaire de puissance aérienne dune grande souplesse et à réaction très
rapide semblables à celle que propose lU.S.
Navy dans ses concepts de frappe navale (« Sea
Strike ») et de bases en mer (« Sea Basing
»). Cela offrirait également de nouvelles options de sécurité du territoire.
L«
avion de somme »
Fairchild XC-120
En
1949, peu après le lancement de la production de lavion de transport C-119 « Flying Boxcar » pour lU.S. Air Force, le
constructeur de cet appareil, Fairchild, se livra à des expériences avec une variation
de conception incorporant un module de fuselage amovible (fig. 1). Appelé l« avion
de somme » XC-120, cet avion de transport se prêtait à une reconfiguration rapide en
soutien de diverses missions. Une description du XC-120 mentionne le fait que les modules
pouvaient livrer des cargaisons, ainsi que servir dateliers, de stations
météorologiques, dhôpitaux durgence et de ravitailleurs.

Figure
1. Avion de somme Fairchild XC-120 à module amovible. Avec
la permission du service historique de lAir
Force Aeronautical Systems Center. |
LU.S.
Force commanda plus de 1100 C-119 mais abandonna le XC-120. Depuis lors, dautres
méthodes de conception dun avion de transport modulaire ont fait lobjet
dune définition conceptuelle aux États-Unis et à létranger. Tout comme le
XC-120, celles-ci nont pas suscité dintérêt sérieux de la part de clients
potentiels parmi les gouvernements ou lindustrie. Au contraire, lindustrie
sen tint à la conception traditionnelle de lavion de transport à fuselage
cylindrique bipoutre qui permettait dobtenir un appareil optimisé et généralement
spécialisé pour une seule mission telle que le transport de passager, dune
cargaison encombrante, etc. Aujourdhui, alors que lU.S. Air Force évalue ses
besoins et solutions de mobilité aérienne et de maîtrise de lair, lidée
dun avion de transport modulaire mérite dêtre explorée de nouveau.
Avion
de transport configurable
Le
CAT est un avion de la classe C-5/747 à ailes se fondant dans le fuselage (Blended-Wing-body BWB) capable
demporter un module interchangeable configurable selon la mission (fig. 2).4
Le concept de BWB est une version moderne de ceux de fuselage à haute portance de
Burnelli et daile volante de Northrop dans les années 20, 30 et 40.5
Depuis le milieu des années 90, lagence nationale de laéronautique et de
lespace (National Aeronautics and Space
Administration NASA) et lindustrie de laviation civile ont
procédé à des évaluations techniques des modèles de BWB et identifié leur potentiel
damélioration significative des performances et de réduction du poids à vide des
appareils.6

Figure
2. Module amovible configurable de transport aérien. (Préparé
par Dennis Stewart et Isiah Davenport, General Dynamics, Advanced Information Systems.) |
Lutilisation
dune modification du concept de BWB pour le CAT offre plusieurs avantages par
rapport aux modèles à ailes-fuselage cylindrique traditionnels. En plus doffrir
lample volume permettant demporter la quantité de combustible quexige
un rayon daction planétairegénéralement 7000 milles marins (nm) au
moinselle offre également un volume suffisant pour replier le long train
datterrissage quimpose le concept modulaire et installer des systèmes
dautodéfense active tels que des missiles air-air et des armes à énergie
dirigée.7 La partie centrale du BWB, située derrière le poste de pilotage et
au dessus du module, peut accueillir 100 passagers environ comme cest le cas à
létage supérieur du C-5 Galaxy. Une autre solution pourrait consister à
configurer létage supérieur du CAT pour quil abrite les installations de
repos de léquipage lors des missions de livraison lointaine de cargaisons et pour
le nouveau concept dopérations de maintien de la maîtrise de lair examiné
plus loin. Un autre avantage de ce concept est que la surface inférieure plate du modèle
BWB facilite le montage des gros modules de mission. Enfin, le montage des moteurs sur le
dessus du BWB devrait accroître la capacité de survie, réduire le bruit au décollage
et à latterrissage et améliorer la souplesse lors de missions multiples. Par
exemple, cette position des moteurs dégage les lignes de visée des capteurs et de
larmement montés sur le module, améliorant ainsi la souplesse de configuration des
modules pour les rendre compatibles avec une vaste gamme de missions de guerre
électronique et dapplication des forces. Elle peut également permettre au CAT
dexécuter des opérations amphibies, telles que la recherche et le sauvetage dans
la zone des combats ou le ravitaillement en mer, grâce à un module de débarquement
amphibie approprié.
Les
configurations conceptuelles du CAT présentées dans les illustrations de cet article
reflètent des dimensions offrant le même volume de chargement que celui du C-5 mais avec
un rayon daction sans ravitaillement approximativement double. Pour établir une
base de comparaison, le C-5 peut emporter une charge maximum autorisée (Allowable Cargo Load ACL) de 178 000 livres
(89 tonnes) à une distance de 3200 milles marins environ sans ravitaillement. Il a un
poids maximum au décollage en temps de paix de 769 000 livres, une envergure de 223 pieds
et une capacité maximum en combustible de 51 150 gallons (322 500 livres).8
Sinspirant
dun concept dappareil à BWB évalué par Boeing pour un avion pouvant
transporter 800 passagers, le concept de CAT emporte une charge maximum autorisée (ACL)
de 178 000 livres (89 tonnes) égale à celle du C-5 à une distance de 7000 milles marins
environ sans ravitaillement. Cette charge utile correspondrait à 27 palettes 463L,
chacune avec une charge moyenne de 6600 livres environ. Ces chiffres se traduisent par un
appareil dun poids brut maximum au décollage de 820 000 livres environ, avec une
envergure de 280 pieds et une charge maximum de combustible de 40 000 gallons (270 000
livres) environ.9
Lamélioration
due au concept de BWB du rayon daction sans ravitaillement du CAT lorsquil
transporte la même charge utile que le C-5 présente des avantages économiques et
opérationnels significatifs à cause de la réduction du besoin de ravitaillements en vol
et de bases de jalonnement. Cela conduit à son tour à une réduction aussi bien du coût
des missions que des moyens totaux exigés par celles-ci. Par exemple, le ravitaillement
en vol coûte $175 000 pour chaque tranche de 10 000 gallons.10 Pour mener à
bien une mission de déploiement à une distance de 6000 milles marins, le C-5 exige deux
ravitailleurs KC-135 transférant un total de 28 600 gallons.11
Lutilisation du rayon daction planétaire du CAT pour remplacer ne serait-ce
quune seule mission de ce type avec un C-5 ravitaillé en vol se traduirait par une
économie mensuelle annualisée denviron $6 million par CATsoit $300 million
environ pour chaque CAT au cours de sa durée de service prévue de 50 ans.
Le
module type de CAT mesurerait environ 150 pieds de long, 30 pieds de large et 17 pieds de
haut. Il aurait un plancher intérieur plat de 67 pieds sur 27 (1809 pieds carrés), avec
une hauteur libre sous plafond de 12 pieds. Ce plancher plat pourrait recevoir 27 palettes
463L ou des véhicules chargés, avec une capacité supplémentaire de chargement dans les
cônes de nez et de queue. Un module nu aurait un poids à vide de 75 000 livres environ.
Sa surface supérieure sajusterait à la surface inférieure du BWB au moyen
dun système électrique de fixation. Lunité motrice du module, dune
puissance de lordre de 2500 chevaux, actionnerait un système à coussin dair
permettant de déplacer le module sur laire de stationnement et de le mettre en
position de montage sur le CAT.12 Lunité motrice autonome fournit
également lalimen-tation électrique auxiliaire et permet le réglage pour
lambiance du module en vol ; elle fournit également lalimentation électrique
principale au sol.
Les
modules seraient offerts en plusieurs configurations de base. Un modèle prévu pour un
emploi fréquent (p. ex., transport quotidien de chargements; AWACS; missilier;
ravitailleur; transport de passagers, évacuation médicale aérienne) pourrait être
fabriqué en employant des méthodes conventionnelles de conception et dassemblage
davions. Un tel module aurait une durée de service probable dau moins 25 ans.
Ceux destinés au transport urgent de matériel militaire, y compris les modules
configurés pour le soutien des opérations à partir de bases nues, pourraient être
construits en employant des méthodes de fabrication et des matériaux différents lorsque
laccent est mis sur labaissement des coûts et laugmentation des
cadences de production. Lobjectif serait la conception dun module «
sacrifiable » permettant la production économique de centaines de modules « sur le pied
de guerre » pouvant être remisés à portée de la main en temps de paix, tout en
permettant également un remplacement rapide et abordable des modules sacrifiés pendant
les hostilités.
Manutention
et transport
des cargaisons
La
manutention et le transport des cargaisons couvrent les opérations élémentaires de
réception, mise en ordre, chargement, transport, déchargement, entreposage et
distribution, du point dorigine à lutilisateur final. Plusieurs approches se
sont efforcées daméliorer le rendement de ce processus, en commençant par
lobjectif le plus évident, cest-à-dire laccélération du système de
transport. Une fois les vitesses de croisière économiques maxima obtenues, il sera
nécessaire denvisager une modification plus fondamentale du processus de
manutention des cargaisons pour continuer à laméliorer.
Transport
terrestre-maritime par conteneurs
intermodaux standardisés
Le
rendement du transport maritime de fret connut une amélioration révolutionnaire au
milieu des années 50 lorsque fut appliquée une idée apparue à la fin des années
30grâce à lutilisation de conteneurs intermodaux standardisés pour le
transport aussi bien terrestre que maritime.13 Cette approche a son origine
dans la reconnaissance du fait que le transfert des conteneurs des camions aux navires,
puis de ces derniers aux camions faisait gagner beaucoup de temps par rapport à la
manutention manuelle de palettes, caisses, sacs, véhicules, etc. un(e) par un(e) telle
quelle était effectuée depuis des millénaires. La nouvelle méthode de transport
conteneurisée raccourcit le temps perdu aussi bien par les navires que par les camions
dans lattente du chargement et du déchargement. Un rendement et une capacité
lucrative donnés demandèrent par conséquent moins de navires, de camions et de dockers.
Grâce à la manutention plus automatisée, au suivi informatisé des conteneurs, à la
présence dun équipement de manutention à demeure sur les quais et au personnel
qualifié que lon rencontre aujourdhui, il faut moins de 50 heures aux dockers
pour décharger et charger un navire porte-conteneurs à chargement vertical dune
capacité de 3000 conteneurs. Le rendement des naviresle temps effectivement passé
à transporter une cargaison et générer des recettesse monte à 85 % environ pour
la traversée du Pacifique.
Chargement
et déchargement du module du CAT
De
la même façon, la conception modulaire du CAT accélère le chargement et le
déchargement de la cargaison, améliorant ainsi le rendement global de
transport-utilisation de lappareil et minimisant la place nécessaire sur
laire de stationnement. Lexamen des films des opérations de déchargement du
module du XC-120 et une visualisation simplifiée de la séparation dun module du
CAT suggèrent quil peut être possible de déposer un module dans les 10 minutes
qui suivent larrivée à lemplacement de décrochage de module désigné sur
laire de stationnement. Pour le transfert à sens unique dune cargaison dans
une base aérienne, le CAT atterrirait, roulerait au sol, larguerait le module, roulerait
de nouveau au sol puis décollerait sans arrêter ses moteurs. Le temps total passé au
sol pourrait ne pas dépasser 20 minutes. A titre de comparaison, le temps passé au sol
par les C-5 pour décharger une cargaison sans ravitaillement en combustible ni
reconfiguration est de 120 minutes.14
Laccrochage
du module à un CAT sera toutefois plus compliqué. Nous pourrions utiliser sur le CAT un
système de raccordement automatique qui positionne le module avec précision et offre des
repères de guidage permettant au pilote de faire circuler lappareil au sol pour le
mettre en position juste au--dessus du module. Après alignement final du module grâce au
système à coussin dair, le raccordement effectif prendrait 10 minutes environ dans
la mesure où les opérations de raccordement seraient essentiellement les mêmes que
celles de séparationsimplement en sens inverse.
Une
allocation préliminaire de temps correspondant aux hypothèses précédentes, indique un
temps total passé au sol par le CAT denviron 140 minutes : 10 minutes pour la
circulation au sol après latterrissage, 10 minutes pour décrocher le module, 60
minutes pour circuler au sol et ravitailler lappareil en combustible, 20 minutes
pour circuler au sol et placer le CAT en position de chargement du module suivant, 10
minutes pour charger un module, 20 minutes pour résoudre toute anomalie et 10 minutes
pour circuler jusquà la piste pour décollage.15 Sans ravitaillement en
combustible, le temps total approcherait 80 minutes. Si les équipages pouvaient
ravitailler lappareil en combustible et simultanément charger / décharger le
module en utilisant la mobilité de celui-ci pour le rapprocher et lécarter du CAT
pendant le ravitaillement, le temps passé au sol se monterait également à 80 minutes
environ. En comparaison, le C-5 demande de prévoir 500 minutes de temps au sol pour le
déchargement de sa cargaison, le ravitaillement en combustible, la reconfiguration de la
soute et le chargement de la cargaison.16
Modèle
simple de pont aérien par CAT
Une
simulation de la dynamique des systèmes du premier ordre dun pont aérien par CAT
identifia le nombre dappareils nécessaire en se basant sur des hypothèses de
spécifications de fréquence des vols et de place nécessaire sur laire de
stationnement de laéroport de débarquement (Airport Of Debarkation APOD). Ce modèle
simula une mission de livraison lointaine à une distance de 6500 milles marins sans
ravitaillement en vol ni arrêts à des bases en cours de routepar exemple,
aller au départ de McGuire AFB, New Jersey, jusquà Qatar dans le Golfe Persique.
En supposant une cadence de départs de trois CAT par heure, 84 appareils établiraient un
pont aérien à débit constant, acheminant 72 modules transportant 4400 tonnes par jour
en moyenne (en prévoyant un chargement de 61,3 tonnes) pour une capacité de transport de
28,6 millions de tonnes-miles par jour.17 Si on utilise les hypothèses
dopérations au sol indiquées ci-dessus pour un chargement / déchargement des
modules et des activités de ravitaillement en combustible non simultanés, il faudrait
sept emplacements sur laire de stationnement de lAPOD pour échanger les
modules, ravitailler les CAT en combustible et les préparer au vol de retour. La durée
totale aller-retour entre le départ de laéroport dembarquement (Airport Of Embarkation APOE) et le départ
pour la mission suivante est denviron 31,5 heures. Il faudrait également un minimum
de sept emplacements sur laire de stationnement de lAPOE. Si on revient encore
une fois au C-5, on saperçoit que le débit maximum quotidien idéal de
chargements pour 52 arrivées journalières, en supposant sept emplacements sur
laire de stationnement, le transport de la charge autorisée (ACL) maximum, aucune
réduction pour inefficacités dues à lattente sur laire de stationnement,
aucune contraintes de chargement et aucun ravitaillement en vol ni contraintes
dutilisation des bases, se monterait à 3200 tonnes.
Ce
modèle simple de pont aérien sappliquait au transport dune brigade de
lU.S. Army de 5000 hommes et de 12 000
tonnes de matériel à une distance de 6500 milles marins. Un chargement de 61,3 tonnes
était présumé, ainsi que le fait que chaque CAT pourrait également transporter
jusquà 100 soldats à létage supérieur. Si les départs étaient espacés
de 20 minutes, les 84 CAT transportaient le personnel et le matériel en 95 heures environ
depuis le départ du premier appareil de la zone continentale des États-Unis (continental
United States, CONUS) jusquau retour, au déchargement et au ravitaillement en
combustible du dernier. Si les départs étaient espacés de 30 minutes, 56 CAT
exécutaient les 196 missions nécessaires en 127 heures environ. Lorsquon met
laccent sur lobjectif dun déploiement de 10 jours de létude de
potentiel de mobilité mentionnée plus haut, on saperçoit que chaque pont aérien
de 84 CAT pourrait livrer 41 000 tonnes de matériel militaire, soit trois brigades de
lU.S. Army.
Une
critique de la comparaison des ponts aériens de CAT et de C-5 modélisés indique que la
cargaison du module décroché du CAT nest pas nécessairement déchargée, alors
que le rendement idéal du C-5 prend en compte le déchargement de la cargaison. Ce fait
ne représente pas à vrai dire le désavantage quil semble être au premier abord.
Lutilisation de modules pour transporter des chargements a pour principal objectif
lamélioration du rendement des avions de transport. Le décrochage du module, son
déplacement hors des espaces de stationnement des avions puis son déchargement
contribuent tous à garantir un rendement élevé du CAT en empêchant les difficultés de
déchargement de la cargaison moteurs de véhicules impossibles à faire démarrer,
amarrage de chargement bloqué, manque de personnel ou déquipement de
déchargement, etc.
de
gêner le traitement et le départ des CAT. En outre, suivant la place disponible sur
laire de stationnement, il nest pas nécessaire de décharger les modules
immédiatement, dans la mesure où ils permettent un stockage à labri en milieu
contrôlé de la cargaison. Une aire de 2500 pieds sur 600 sur lAPOD pourrait
permettre de stocker environ 100 modules contenant 6100 tonnes de matériel militaire.
Dautre part, après avoir reçu la formation appropriée, les troupes débarquées
(la brigade de lU.S. Army, comme dans
lexemple précédent) pourraient décharger leur propre matériel sans devoir
recourir aux services dun personnel nombreux de lU.S. Air Force. Les mo-dules
déchargés pourraient en outre servir dabris provisoires jusquà leur retour.
Surmonter
les limites de disponibilité du combustible
Comme
les autres avions de transport gros porteurs, le CAT exige des réserves sûres et
abondantes de combustible. Dans lexemple de pont aérien cité plus haut, si les CAT
devaient être ravitaillés à lAPOD, les besoins quotidiens atteindraient trois
millions de gallons environ. Pour satisfaire ces besoins, la base devrait disposer
dun oléo réseau et dune capacité de stockage de combustible importants.
Dans la mesure où les bases avancées ne disposeront probablement pas de telles
installations, une méthode possible détablissement dun transport à haut
débit de modules dans une telle zone consisterait à acheminer les CAT via un réseau de
bases régionales (décrites dans la section suivante) jusquà lAPOD. (La base
aérienne Andersen AFB, à Guamune base régionale potentielle dans un réseau
planétaire de distribution des CATa une capacité de stockage de combustible de 66
millions de gallons.)18 Contrairement aux C-5, les CAT ont un rayon
daction potentiel qui leur permet de voler sur 3000 milles marins depuis la base
régionale jusquà lAPOD et de franchir la même distance pour revenir à la
base sans ravitaillement en combustible à lAPOD ou en route. On pourrait établir
des APOD pour traiter un débit quotidien allant jusquà 2900 tonnes, avec un
chargement prévu de 61,3 tonnes, dans des bases avancées qui, sinon, ne seraient pas
disponibles par suite dune capacité insuffisante de ravitaillement des avions en
combustible. Un pont aérien continu de 3000 milles marins depuis la base régionale
jusquà lAPOD et au départ de celui-ci, à intervalles de 30 minutes,
exigerait 28 CAT. Le transport de la brigade de lU.S. Army, par exemple, demanderait
cinq jours environ. Nayant pas à être ravitaillés en combustible à lAPOD,
les avions nauraient besoin que de trois emplacements sur laire de
stationnement pour maintenir de débit.
Réseau
de distribution à léchelle planétaire
On
pourrait établir un réseau constitué de la zone continentale des États-Unis (CONUS) et
de bases régionales outre-mer par exemple, est et ouest des États-Unis, Hawaï,
Guam, Alaska, Diego Garcia et Europe Occidentale pour soutenir la livraison rapide
à léchelle planétaire de modules de CAT à des APOD implantés dans la plupart
des zones dintérêt (fig. 3). Litinéraire le plus long, qui décrit un grand
cercle, est de 5200 milles marins. Le rayon daction sans ravitaillement en
combustible des CAT leur permettait de se déplacer entre ces bases sans ravitaillement en
vol. Si ce modèle opérationnel est appliqué, y compris un segment de recouvrement des
rayons daction de 3000 milles marins à partir de chacune des bases, les CAT
transportant des modules voleraient ensuite de lAPOD de la CONUS pour aller chercher
les modules chargés, puis jusquà lAPOD, en utilisant des bases régionales
pour être ravitaillés en combustible et changer déquipage. Sur le chemin du
retour, les CAT chargeraient les modules vides et inutiles et les ramèneraient via des
bases régionales jusquaux terminaux de la CONUS pour réutilisation.

Figure
3. Module de CAT et ravitaillement à -partir de la CONUS et de bases régionales |
Mise
en place préalable et livraison du matériel
La
mise en place préalable de matériel pour soutenir un déploiement rapide de troupes est
devenu de plus en plus important. Les modules de CAT permettent dabriter, de charger
à lavance et dentreposer en toute sécurité dans la CONUS et dans des bases
régionales le matériel, le ravitaillement et léquipement pour bases avancées
aérotransportés des premières troupes débarquées sans devoir utiliser des entrepôts
permanents. Une fois ces troupes engagées, les équipages pourraient « faire flotter »
les modules contenant le matériel entreposé sur leur coussin dair jusquà
lemplacement réservé au chargement des modules sur laire de stationnement
pour attendre larrivée des CAT et le déclenchement du pont aérien à destination
de lAPOD désigné.
La
mise en place préalable de modules chargés à lavance sadapte bien au rayon
daction planétaire sans ravitaillement en combustible du CAT. La possibilité pour
le CAT deffectuer un vol sans ravitaillement de plus de 10 000 milles marins (sans
module) permet de redéployer rapidement ces appa-reils avec un besoin minimal ou nul
descales ou de ravitaillement en vol en cours de route. En cas durgence, les
CAT désignés exécutant des missions normales de mobilité aérienne dans le monde
entier atterriraient sur une base aérienne américaine ou alliée, déposeraient leurs
modules et seraient ravitaillés en combustible. Moins de 90 minutes après avoir atterri,
les CAT seraient en route vers la base régionale désignée, où ils iraient chercher des
modules préalablement mis en place pour les transporter jusquà un APOD ou, comme
nous le verrons plus loin, pour entreprendre des missions de projection de puissance
aérienne.
CAT
ravitailleur
Un
module ravitailleur permettra aux CAT dopérer comme ravitailleurs stratégiques.
Pour des raisons dassurance de réussite des missions, un tel module devrait
comporter des perches jumelées de ravitaillement en vol à haut débit lui permettant de
ravitailler des avions lourds tels que le B-1, le B-2, le C-17 et le C-5, ainsi que
dautres CAT. Le module ravitailleur aurait une capacité de transfert de 200 000
livres environ avec un rayon daction de 3000 milles marins à partir de la CONUS et
de bases régionales (fig. 3). Lors dune mission de plus courte duréeavec un
rayon daction de 500 milles marins environle supplément de carburant contenu
dans les réservoirs de combustible du CAT pourrait porter la capacité de transfert à
350 000 livres environ. En comparaison, le KC-135E offre des capacités de transfert de
101 200 et 10500 livres lorsquil exécute des missions à rayons daction de
500 et 2500 milles marins respectivement.19
Les
modules utilisables comme ravitailleurs peuvent être équipés pour distribuer du
combustible alors quils stationnent au sol. Grâce à des réservoirs dune
contenance de 35 000 gallons environ et à un système de pompage à alimentation
électrique autonome, ces modules pourraient stocker et distribuer du combustible dans des
bases avancées une caractéristique importante dans la mesure où de plus en plus
davions et déquipements au sol américains utilisent le même combustible
JP-8. Les CAT ravitailleurs pourraient par conséquent utiliser le module pour escorter
des avions tactiques jusquà une base aérienne sur le théâtre dopérations,
puis laisser le module en soutien des opérations aériennes et terrestres locales.
En
plus de lutilisation de modules ravitailleurs pour des missions spécialisées de
ravitaillement en vol, tous les CAT seront probablement dotés de systèmes de
ravitaillement permanents montés sous les ailes leur permettant de ravitailler en vol des
chasseurs et véhicules aériens sans pilote (Unmanned
Aerial Vehicles UAV). Quelle que soit la mission (transport ou projection de
puissance aérienne) exécutée, linstallation dune perche de moindre
capacité sur une aile et dun système à conduit et cône flottants sur
lautre permettrait à tous les CAT de servir de ravitailleurs de secours en cours de
route et aux CAT de projection de puissance aérienne de « faire le plein » des
chasseurs descorte.
Soutien
des bases nues
Le
déploiement avancé de forces militaires exige souvent létablissement de base
dopérations nues cest-à-dire des bases aériennes ou des aéroports
commerciaux dont les pistes, chemins de roulement et aires de stationnement sont
utilisables ou rapidement réparables mais où les moyens de soutien tels que le stockage
de combustible et la production délectricité sont inexistants ou difficilement
réparables. Pour soutenir le déploiement de forces militaires sur ces bases, lU.S. Air Force utilise des kits pour bases nues
transportables préconditionnés appelés ressources de base pour aérodromes
expéditionnaires, qui sont assemblés sur la base nue par des équipes de génie civil de
lU.S. Air Force.
Les
modules de CAT permettent une approche nouvelle pour ces kits. Au lieu dutiliser des
tentes et des bâtiments à monter, le personnel de la base pourrait utiliser des versions
spéciales du module de CAT opérationnel comme abris. Nous pouvons facilement nous
imaginer le déclenchement dopérations aériennes tactiques sur une base nue au
moyen de modules de CAT configurés selon la mission (fig. 4). Dans cet exemple, une
cadence de livraison allant jusquà quatre modules par heure reflète le cas où les
CAT ne chargeraient pas de modules pour le vol de retour et où ces appareils ne devraient
pas être ravitaillés en combustible. Cette cadence de livraison se traduit par une
durée totale de sept heures environ:
Heure
H . les premières forces de sécurité et les ingénieurs du génie civil chargés de
louverture de la base arrivent par C-130. Les emplacements prévus pour les mo-dules
ont été établis à lavance sur la base dinformations de surveillances
fournies par les satellites e UAV.
Heure H + 2 . les CAT livrent trois modules destinés à la défense de la base
aé-ienne et les équipages les déplacent sur leur coussin dair jusquà des
positions défensives éloignées de laire de stationnement. Deux modules
contiennent des missiles surface-air et des canons antiaériens du type Phalanx, tandis
quun troisième contient un laser antimissile/antiaérien et un radar
dacquisition. Les défenses par laser assureraient également la protection contre
les obus dartillerie et de mortier, les roquettes et les munitions similaires. Les
opérateurs de ces systèmes défensifs, ainsi que des équipes supplémentaires de génie
civil de lU.S. Air Force sont transportés jusquà la base nue à
létage supérieur des CAT qui livrent ces modules. Un quatrième CAT livre sur
laire de stationnement (fig. 4, en haut à droite) le premier module de lU.S. Army contenant un équipement de défense au
sol supplémentaire.

Figure
4. Etablissement dune base nue. (Préparé
par Dennis Stewart et Isiah Davenport, General Dynamics, Advanced Information Systems.) |
Heure H + 3 . quatre modules de lU.S. Army
(fig. 4, en bas à gauche) contenant jusquà 245 tonnes de matériel et 400 soldats
arrivent. Après avoir vidé les modules, le personnel les utilisent comme quartiers
temporaires et protection contre les attaques chimiques, bactériologiques et par armes
légères.
Heure H + 5 . six modules conçus pour le soutien des opérations aériennes tactiques
arrivent et sont placés au bout de laire de stationnement. Le personnel monte des
abris gonflables entre les modules pour protéger les opérations de maintenance et de
chargement des armes sur les avions tactiques (fig. 4, en bas à droite). Des ingénieurs
civils de lU.S. Air Force ainsi que du personnel de soutien des opérations arrivent
dans les CAT qui transportent ces modules.
Heure H + 7 . les quatre derniers modules contenant du combustible, de leau et
des munitions arrivent, comme le font les -avions tactiques en préparation du lancement
des opérations aériennes locales. Des livraisons ultérieures ravitaillent ces modules
et ceux qui sont vides sont renvoyés pour rechargement.
Ces
modules de CAT pour bases nues seraient conçus spécialement pour cette application,
offrant une protection contre les armes nucléaires, chimiques et bactériologiques, la
pollution, le bruit et balistique aux forces expéditionnaires. Ils peuvent également
contenir des moyens dautodéfense active, y compris des lasers tactiques. Le
système dalimentation électrique auxiliaire utilisé pour faire fonctionner le
coussin dair assurerait également lalimentation électrique permettant le
contrôle de lenvironnement. La configuration de lintérieur des modules
intégrerait de nombreuses fonctions spécialisées de soutien logistique qui exigeraient
normalement lédification ou lassemblage dinstallations distinctes
centres dopérations aérospatiales, installations de communications
sécurisées, quartiers des équipages, hôpitaux, cantines, ateliers de maintenance,
arsenaux darmes légères, zones de stockage de combustible, abris à munitions,
installations de loisirs, etc. Une fois leur mission terminée, les équipages
rechargeraient les modules sur les CAT pour retour à la CONUS pour nettoyage, réparation
et remplissage. Un grand nombre de ces modules se révéleraient également utiles dans
les opérations daide humanitaire. Une caractéristique clé de cette utilisation
des modules de CAT est la possibilité de les recharger et de les transférer rapidement.
Dans lexemple précédent, quatre CAT soutenus par des ravitailleurs pourraient
transférer ces modules à une autre base distante de 1000 milles marins en 20 heures
environ, offrant ainsi une souplesse substantielle pour redéployer les forces aériennes
présentes sur le théâtre des opérations au fur et à mesure du déroulement de la
campagne.
Applications
de maintien de la maîtrise de lair
Au
début de 1929, peu de temps après le célèbre vol de 34 heures de Charles Lindbergh en
1927, le commandant Carl Spaatz et le capitaine Ira Eaker de lUS Army Air Corps lancèrent une étude des vols
sur longues distances.20 Aux commandes du trimoteur Fokker C-2A Question
Mark de lAir Corps, ils établirent, accompagnés des lieutenants H. A.
-Halverson et E. R. Quesada et du sergent R. W. Hooe, un premier record dendurance
dun peu plus de 150 heures, ayant nécessité 42 ravitaillements en vol et
rendez-vous de réapprovisionnement. Lors de lun des nombreux efforts
dendurance engagés plus tard dans cette même année, Dale Jackson et -Forest
OBrine établirent un nouveau record de 420 heures dans un monomoteur Curtiss Robin,
avant de porter ce record à 647 heures dans le même avion en 1930.21 Cinq ans
plus tard, deux frères, Fred et Algene Key, portèrent le record à 653 heures (27
jours), toujours dans un monomoteur Curtiss Robin.22 Lors de ce vol record de
1935, les frères Key effectuèrent 432 rendez-vous pour transférer du combustible, de
lhuile et des vivres, et parcoururent plus de 52 000 miles (83 200 km).
Presque
70 ans plus tard, il est difficile de trouver une quelconque mention de ces records
dendurance dans les livres dhistoire. Les planificateurs contemporains
considèrent remarquables les missions de 40 heures des B-2 et supposent quelles
repoussent les limites de lendurance humaine et matérielle. Ce nest pourtant
pas du tout le cas. En fait, ce champ dexploitation de la technologie potentielle
peut conduire à létablissement dun nouveau paradigme dopérations de
maintien de la maîtrise de lair au cours desquelles nous pourrions convoyer des
moyens militaires critiques jusque sur des bases aériennes avancées. Un tel potentiel
permettrait une dissuasion permanente ou une application de force lorsque les bases
terrestres sont inutilisables / menacées ou lorsque les forces navales ne sont pas encore
arrivées. Grâce à des installations de bord permettant le repos de plusieurs équipages
embarqués, les opérations de maintien de la maîtrise de lair effectuées avec des
CAT commenceraient à rivaliser avec les opérations navales, en exerçant
linfluence correspondante sur les types de moyens de maîtrise de lair mis en
uvre et les opérations inter-armées entreprises, ainsi que sur les doctrines de
lU.S. Air Force et interarmées appliquées.
En
décembre 2002, les vice-amiraux Cutler Dawson et John Nathman, de lU.S. Navy, examinèrent les avantages de la
projection permanente de la puissance navale :
Sea Strike représente une vision de ce que nous
deviendrons, tout en se concentrant sur notre potentiel existant. Ce concept va bien
au-delà du largage de bombes sur lobjectif, même si ce type de fonction reste
dune importance décisive. Sea Strike est
fondamentalement un concept très général de projection de la puissance navale qui
englobe C5ISR (commandement, contrôle, communications, computers, systèmes de combat,
renseignement, surveillance et reconnaissance), précision, discrétion, informations et
intervention interarmées. Il amplifie les effets de la puissance de frappe grâce à
laccélération du tempo opérationnel et à une longue portée. Il fait subir à
lennemi les effets de la puissance américaine 24 heures sur 24, 7 jours par
semaine, créant -ainsi un choc et effroi dune façon immédiate mais aussi
persistante. Sea Strike est la clé de la victoire au 21ème siècle.23
De
même, en janvier 2003, le vice-amiral Charles W. Moore Jr., de lUS Navy, et le général de corps darmée
Edward Hanlon Jr., du US Marine Corps, examinèrent les avantages quil y a à baser
des forces en mer au vingt-et-unième siècle :
Baser
en mer (Sea Basing) est au cur de « Sea Power 21 ». Il sagit plus que jamais de
baser en mer les moyens déterminant le succès des opérations menées par les forces
interarmées ou coalisées : puissance de feu offensive et défensive, forces de
manuvre, commandement et contrôle, logistique. Le concept minimise ainsi le besoin
damasser des troupes et du matériel à terre, réduit leur vulnérabilité et
améliore la mobilité opérationnelle. Il englobe des systèmes de détection et de
communications perfectionnés, des munitions de précision et des armes à longue portée
tout en mettant en place à lavance des moyens interarmées aux points où ils
peuvent être employés immédiatement et se révéler les plus décisifs. Il exploite la
mutation opérationnelle qua connue la guerre, dans laquelle laccent est
passé de la masse à la précision et à linformation, employant les 70 % de la
surface terrestre recouverts par les océans comme un vaste champ de manuvre en
soutien de la force interarmées.24
Nous
pourrions obtenir un grand nombre des avantages opérationnels inhérents aux concepts «
Sea Strike » et « Sea Basing » au moyen
dopérations de maintien de la maîtrise de lair faisant intervenir des CAT.
Opérant à partir du réseau de bases régionales décrit plus haut, des groupes pouvant
compter jusquà huit CAT emportant les modules de maîtrise aérienne appropriés
pourraient patrouiller des zones désignées dans un rayon de 3000 milles autour
dune base régionale ou de la CONUS pendant des périodes de plusieurs jours (fig.
5). Des CAT ravitailleurs opérant à partir de ces mêmes bases ravitailleraient en vol
les CAT en patrouille toutes les 12 à 18 heures. Ces « groupes de combat aérien »
permettraient détablir rapidement la supériorité aérienne, de faire la preuve de
la détermination nationale, de soutenir les alliés et, si nécessaire, de projeter la
puissance aérienne sans devoir dabord établir des bases terrestres avancées sur
le théâtre des opérations. Ces opérations de maintien de la maîtrise de lair
imiteraient les opérations navales en haute mer mais présenteraient lavantage
davoir accès à la totalité de la surface de la planète.

Figure
5. Module AWACS, de transport, de ravitaillement en vol davions de combat sans
pilote (UCAV) et dappui-feu direct pour CAT. (Préparé
par Dennis Stewart et Isiah Davenport, General Dynamics, Advanced Information Systems.) |
Un
tel groupe de combat pourrait se composer de CAT emportant les types suivants de modules :
Centre directeur de vol intégré, AWACS et JSTARS pour connaissance de la situation
dans lespace de combat, ainsi que commandement et contrôle des groupe de combat
(C2).
Laser aéroporté pour la défense anti--missiles et lautodéfense du groupe de
combat aérien.
Module dattaque à distance emportant 50 missiles de 2000 livres pouvant
atteindre une vitesse de Mach 7 et une portée de 1000 milles marins pour une attaque
rapide de précision.
Module de défense anti-missiles balistiques emportant 40 missiles anti-missiles
balistiques aéroportés de 3000 livres pour la défense contre les missiles balistiques
à courte portée.
Module dappui-feu direct emportant des canons jumelés de 155 mm; plusieurs
lasers tactiques et des munitions dattaque de précision à moyenne portée pour
-apporter un appui-feu prolongé aux forces dopérations spéciales et défendre les
forces américaines et alliées, y compris les bases avancées.
Ravitailleur en vol dUCAV emportant deux UCAV volant à Mach 3,5 et 400
munitions dattaque de précision pour exécuter des missions de surveillance de
lespace de combat et dattaque.
CAT ravitailleurs pour chasseurs descorte.
De
même que lU.S. Navy fait prendre la mer
à ses groupes de combat aéronavals lors des périodes de menace croissante pour faire
une démonstration de force et renforcer les forces expéditionnaires, le groupe de combat
aérien offre des possibilités semblables en termes de puissance aérienne. Ces avantages
propres aux CATrayon daction planétaire sans ravitaillement qui permet un
redéploiement rapide des CAT; reconfiguration rapide selon la mission au moyen de modules
de maîtrise aérienne mis en place à lavance sur des bases régionales et
autonomie de plusieurs jours grâce au ravitaillement en combustiblepermet à
lU.S. Air Force dassembler rapidement, de projeter et de soutenir sa puissance
aérienne pratiquement en tout point du monde. Si les groupes de combat de CAT sont déjà
en vol, lU.S. Air Force pourrait en 12 heures au maximum répondre la première avec
vigueur aux forces qui menacent ou engager les forces attaquantes avec une puissance de
feu considérable, précise et à longue portée. Nous pourrions en 24 à 36 heures
redéployer à léchelle planétaire, rééquiper et envoyer vers lavant des
dizaines de CAT supplémentaires pour soutenir les opérations initiales de maîtrise de
lair et rejoindre les autres forces interarmées qui arrivent. Les CAT pourraient
devenir des éléments de base de la force militaire aérospatiale de « première
réponse ».
Le
concept de CAT soutiendrait également la défense du territoire. Des CAT exécutant des
missions de plusieurs jours de patrouille aérienne pourraient entreprendre des missions
telles que renseignement-surveillance-reconnaissance (ISR), défense anti-missiles
balistiques et de croisière, détection dans le cadre de la lutte contre les trafiquants,
neutralisation des avions de ligne ou navires capturés, C2 et communications
aéroportées. Des modules de CAT semblables à ceux utilisés pour le soutien des bases
nues avancées pourraient également lêtre pour le soutien après lattaque
dans les zones privées provisoirement de moyens daccès terrestre et de
communications. Enfin, on pourrait peut-être adapter des modules ravitailleurs de CAT
pour participer à la lutte contre les incendies de forêts, de pipelines et urbains
résultant dactes de terrorisme ou dautres causes.
Le
module ravitailleur en vol dUCAV pour CAT (fig. 5 et 6) fait ressortir la souplesse
des nouvelles approches opérationnelles permises par le CAT et ses modules. Dans le cadre
de ce concept, un CAT sert de ravitailleur en vol pour deux UCAV de 15 000 livres,
réarmés et ravitaillés en combustible par le module ravitailleur. Selon des estimations
préliminaires, chaque UCAV pourrait emporter quatre armes à guidage de précision de 250
livres à rayon daction de 750 milles marins à une vitesse de croisière de Mach
3,5. En supposant quun CAT patrouille 300 milles marins à lextérieur de la
frontière ennemie, les UCAV pourraient bombarder des objectifs et exécuter des missions
de surveillance jusquà 450 milles marins à lintérieur du territoire ennemi.
A ce rayon daction de combat maximum, lUCAV aurait un temps de base de
mi-ssion dune heure environ. Chaque CAT ravitailleur et ses deux UCAV pourraient
attaquer huit objectifs par heure, soit environ 200 objectifs par jour. À de moindres
distances, les UCAV de chaque ravitailleur pourraient attaquer jusquà 24 objectifs
par heure. Le module ravitailleur dUCAV du CAT emporterait environ 400 munitions de
250 livresassez pour 100 recharges des UCAV.

Figure
6. A gauche : module ravitailleur en vol dUCAV dun CAT. A droite :
réarmement en vol dun UCAV. (Préparé
par Dennis Stewart et Isiah Davenport, General Dynamics, Advanced Information Systems.) |
Les
UCAV de chaque ravitailleur pourraient également exécuter au moins 50 balayages ISR à
lintérieur de lespace de combat pendant chaque tranche de 24 heures pour
renforcer les autres moyens aérospatiaux. Des systèmes de communications perfectionnés,
utilisant peut-être des lasers à ligne directe de visée, relieraient les UCAV et
lavion ravitailleur pour permettre le C2 en temps réel de ceux-ci pendant la plus
grande partie de la mission. En outre, les UCAV en partance pou-raient relayer des
données ISR identifiant les objectifs à haute priorité pour le CAT de C2, qui pourrait
alors lui-même relayer les listes dobjectifs mises à jour aux UCAV arrivants,
offrant un potentiel dattaque lointaine à réaction rapide.
Potentiel
du CAT en termes de renforcement des moyens
en période de crise
LU.S.
Air Force compte sur la CRAF pour renforcer ses propres moyens de transport militaire
pendant les périodes de crise. La polyvalence du CAT offre une nouvelle appro-he pour le
renforcement en période de crise. Une flotte de CAT appartenant au gouvernement et
exploitée par des contractuels, qui pourrait sappeler Eagle Air (fig.
7) et être pilotée par des équipages dofficiers de réserve ou retraités de
lU.S. Air Force, pourrait effectuer lessentiel des mouvements journaliers de
modules de CAT en soutien des opérations des forces armées des États-Unis en temps de
paix, ainsi que des opérations humanitaires et de maintien de la paix du gouvernement des
États-Unis. Pendant un week-end par mois et deux semaines chaque année, les CAT et leurs
équipages dofficiers de réserve entraîneraient avec les unités de mobilité
aérienne dactive auxquelles ils sont affectés. En période de crise, ces CAT
dEagle Air pourraient être -activés
rapidement, intégrés à leurs unités dactive et exécuter pratiquement toutes les
missions de mobilité aérienne et de projection de puissance aérienne.

Figure
7. Un CAT de la CRAF Eagle Air chargeant des
modules de déploiement rapide de lU.S.
Army. (Préparé
par Dennis Stewart et Isiah Davenport, General Dynamics, Advanced Information Systems.) |
Conclusion
Nous
aurons besoin à lavenir dune force qui se définit moins par sa taille et
plus par sa mobilité et sa rapidité, une force plus facile à déployer et à soutenir,
qui sappuie avant tout sur la discrétion, un armement de précision et les
technologies de linformation.
Président
George W. Bush
La
transformation de la capacité de transport et de soutien des forces armées des
États-Unis est, comme la déclaré le Président Bush, dune importance
critique pour la préparation à lavenir des forces armées des États-Unis et pour
donner au président les moyens militaires nécessaires à la protection et à la défense
efficace des États-Unis et de leurs alliés.25 Cet article sest efforcé
de répondre à ce besoin en décrivant comment des technologies aéronautiques de pointe,
combinées à une architecture novatrice à systèmes modulaires, offrent un potentiel
daccroissement significatif de la mobilité aérienne et du soutien des forces
armées des États-Unis. Larticle sest efforcé en particulier de montrer
comment les aspects de mobilité aérienne de lobjectif du ministre de la défense,
qui consiste à pouvoir « déployer des troupes sur un théâtre dopérations
lointain en 10 jours, vaincre un ennemi en 30 jours au maximum et être prêt à engager
un nouveau combat en 30 jours de plus au maximum » peuvent être réalisables.
Larticle a essayé en outre de démontrer que cette architecture à systèmes
modulaires peut fournir un moyen rentable de modernisation de notre flotte vieillissante
de transport aérien grâce à un système novateur qui offre un potentiel de mobilité
aérienne, de soutien et de projection de puissance aérienne qui améliorera de façon
significative la rapidité de réaction et lagilité des forces armées des
États-Unis pour de nombreuses années.
Notes
1.
John A. Tirpak, « The Squeeze on Air Mobility » (La pression sur la mobilité
aérienne), Air Force Magazine 86, n° 7 (juillet 2003): 23, 24, 25,
http://www.afa.org/magazine/ July2003/0703mobility.asp.
2.
Jason Sherman, « DoD Study May Pit C-17s, Fast Ships vs. Fighters » (Une étude du
ministère de la défense pourrait opposer les C-17 et les navires rapides aux
cha-sseurs), Defense News, 21 juin 2004, 1.
3.
Ibid., 8.
4.
Le CAT est lun des 66 concepts de jeux de guerre à terme définis et évalués dans
le jeu Air Force Technology Seminar (colloque de technologie de lU.S. Air Force)
mené par lAir Force Research Laboratory (laboratoire de recherche de lU.S.
Air Force) en 20002001 en collaboration avec lAir Force Directorate of
Strategic Planning (direction des plans stratégiques de lU.S. Air Force)
5.
« Northrops Flying Wing Airliner » (Laile volante de ligne de Northrop), in
Glen Edwards and the Flying Wing: The Diary of a Bomber Pilot (Glen Edwards et laile
volante : le journal dun pilote de bombardier), The Warbirds Forum, novembre
2003, http://www.danford.net/paxwing.htm.
6.
« The Blended Wing Body: A Revolutionary Concept in Aircraft Design » (Laile se
fondant dans le fuselage : un concept révolutionnaire de conception des aéronefs), NASA
Facts Online, 24 avril 2001, http://oea.larc.nasa.gov/PAIS/BWB.html.
7.
La conception théorique du CAT inclut une configuration de train datterrissage
dérivée de celle du bombardier B-58 de la fin des années 50. Le B-58 était à aile
haute7,5 pieds environet emportait un grand réservoir de combustible monté
en nacelle dans laxe. La conception de son train datterrissage utilisait une
configuration structurale simple et un mécanisme de rétraction qui permettaient un poids
relatif extrêmement faible pour le train datterrissage, malgré sa grande longueur.
8.
Brochure de lU.S. Air Force (Air Force Pamphlet, AFPAM) 10-1403, Air Mobility
Planning Factors (Facteurs de planification de mobilité aérienne), 18 décembre 2003,
12, tableau 3,
http://www.e-publishing.af.mil/pubfiles/af/10/afpam10-1403/afpam10-1403.pdf; C-5 Galaxy
Fact Sheet (fiche dinformation sur le C-5 Galaxy),
http://www.af.mil/factsheets/factsheet.asp?fsID=84; and C-5A/B Galaxy,
http://www.fas.org/man/dod-101/sys/ac/c-5.htm.
9.
Ces estimations sont basées sur la taille et les performances du concept dun
appareil Boeing BWB gros porteur. Voir « Boeing Blended Wing Body Large Commercial
Transport » (avion de transport commercial gros porteur Boeing à aile se fondant dans le
fuselage), Janes All the Worlds Aircraft, 14 juillet 2003,
www.janes.com.
10.
Cela suppose un coût moyen du ravitaillement en vol de $17,50 par gallon de combustible,
comme indiqué dans « B-52 Re-engining, Financing Plan Endorsed » (Remplacement des
moteurs des B-52, plan de financement approuvés), Aerospace Daily, 8 avril 2003.
11.
AFPAM 10-1403, Air Mobility Planning Factors, 18, tableau 11.
12.
Comme point de comparaison intéressant, General Motors a présenté récemment un concept
car équipé dun moteur V-16 de 1000 chevaux.
13.
Cette idée, présentée à lorigine par Malcolm McLean en 1937, ne fut pas mise en
pratique avant 1956. Sa Sea-Land Corporation lança le concept dun navire de
commerce porte-conteneurs. Voir
http://americanhistory.si.edu/onthemove/exhibition/exhibition_17_2.html. En 1950
lU.S. Army développa un concept similaire appelé « CONEX » qui fut utilisé sur
une grande échelle au Viêt-Nam; il conduisit à lutilisation militaire actuelle
des conteneurs intermodaux.
14.
AFPAM 10-1403, Air Mobility Planning Factors, 14, tableau 5.
15.
Ce scénario suppose un oléoréseau de ravitaillement en combustible avec deux
raccordements à lavion, chacun ayant un débit moyen de 450 gallons par minute. Le
chargement de 30 000 gallons de combustible prendrait 45 minutes environ.
16.
AFPAM 10-1403, Air Mobility Planning Factors, 14, tableau 5.
17.
Pour le chargement prévu du C-5, voir ibid., 12, tableau 3.
18.
A1C Claudia Garcia-Strang, « Andersen to Have Largest Fuel Storage Contractor to Turn
Over New Tanks Soon » (Andersen va demander à la plus grande entreprise de stockage de
combustible de livrer bientôt des nouveaux réservoirs) , PACAF News, 17 octobre 2002,
http://www2.hickam.af.mil/newsarchive/2002/2002217.htm.
19.
AFPAM 10-1403, Air Mobility Planning Factors, 17, tableau 10.
20.
« Flight of the Question Mark » (Le vol du Question Mark), USAF Museum History Gallery,
http://www.wpafb.af.mil/museum/history/postwwi/fqm.htm.
21.
Capitaine de vaisseau en retraite Franklyn E. Dailey Jr., USN, Socked In! Instrument
Flying in Northern Latitudes (Dans le brouillard ! Le vol aux instruments aux latitudes
nord), 2002, annexe A, « Aviation Events, 192931 » (Evènements aéronautiques,
1929-31), http://www.daileyint.com/flying/flywara.htm.
22.
« Curtiss J-1 Robin: Ole Miss », Smithsonian National Air and Space Museum,
http://www.nasm.si.edu/research/ aero/aircraft/curtiss_j1.htm.
23.
Vice-amiraux Cutler Dawson et John Nathman, USN, « Sea Strike: Projecting Persistent,
Responsive, and Precise Power » (Sea Strike: Projection dune puissance permanente,
à réaction rapide et précise), US Naval Institute Proceedings 128, n° 12 (décembre
2002), http://www.usni.org/ proceedings/Articles02/PROdawson12.htm.
24.
Vice-amiral Charles W. Moore Jr., USN, et général de corps darmée Edward Hanlon
Jr., USMC, « Sea Basing: Operational Independence for a New Century » (Bases en mer :
indépendance opérationnelle pour un nouveau siècle), US Naval Institute Proceedings
129, n° 1 (janvier 2003), http://www.usni.org/proceedings/Articles03/PROseabasing01.htm.
25.
Ministère de la défense, Transformation Planning Guidance (Guide de planification des
transformations), avril 2003, 3,
http://www.defenselink.mil/brac/docs/transformationplanningapr03.pdf.
James
Michael Snead (BSAE,
University of Cincinnati; MSAE, Air Force Institute of Technology) est à la tête de
lAgile Combat Support dans lAeronautical Systems Sector, Plans and Programs
Directorate, Air Force Research Laboratory (AFRL), Wright-Patterson AFB, Ohio. Il
a également servi en tant quingénieur science et technologie au AFRL, où il se
concentrait sur les jeux de guerre à terme et les concepts de combat futurs. Ses autres
positions à Wright-Patterson incluent ingénieur en chef structures, Aeronautical Systems
Center; ingénieur en chef systèmes de commande de vol/structures, National Aerospace
Plane Joint Program Office; et ingénieur de projet, Transatmospheric Vehicle Project
Office. M.
Snead est actuellement président de lAmerican Institute of Aeronautics and
Astronautics (AIAA) Space Logistics Technical Committee.
Vous
pouvez aussi lire cet article dans la revue Air
& Space Power Journal
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