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la fiction futuriste, lespace a frappé notre imagination comme étant un milieu
dexploration, de défis et de mystère. En moins de 50 ans, les technologies
spatiales, et plus particulièrement les satellites, ont révolutionné la science et la
vie quotidienne à des niveaux divers. Il semble difficile de citer un pays au monde qui
ne soit pas aujourdhui dépendant, dune manière ou dune autre, de
services apportés par des systèmes spatiaux. Notre vie quotidienne repose de plus en
plus sur les satellites, pour des apports aussi divers que la réception des chaînes de
télévision et de radio, les communications téléphoniques et Internet, la sécurité
militaire et civile, la météorologie ou encore la navigation pour le contrôle du trafic
ou la sécurisation des transactions bancaires. Cest la communauté internationale
tout entière qui a intérêt au bon fonctionnement des systèmes spatiaux. Le secteur
militaire a également su profiter des satellites pour la reconnaissance optique et
électronique, lalerte avancée, la communication, la navigation, la prévision
météorologique et la géodésie. Dans les pays technologiquement avancés, les
satellites sont désormais une composante essentielle des systèmes militaires de
commandement, de contrôle, de communications, dinformatique, de renseignement, de
surveillance et de reconnaissance (C4ISR).
Ce
qui entraîna de nombreuses nations à sopposer à lidée de militarisation de
lespace. Empêcher la militarisation de lespace extra atmosphérique
nest pas un nouveau concept. Il existe déjà des limitations dordre légal,
principalement le Traité de 1967 sur lUtilisation de lEspace, qui porte le
sceau de lOrganisation des Nations Unies, et fait autorité en matière de droit
international. Toutefois, cet instrument ninterdit explicitement que la mise en
orbite darmes nucléaires et autres armes de destruction massive, leur installation
sur des corps célestes ou leur mise en place dans lespace, de quelque manière que
ce soit. Le droit spatial international a aussi émergé, grâce à la formation
dune coutume internationale. Lavenir du droit de lespace est donc lié
à lévolution que les activités spatiales vont connaître dans le futur.
Cependant,
la nature actuelle du débat international quant à la militarisation de lespace
paraît peu fructueuse, dans la mesure où certains acteurs ont une attitude ambigüe ; la
Chine par exemple, se déclare officiellement favorable à une interdiction des armes
antisatellites alors quelle travaille assidûment à la fabrication dun
système antisatellite reposant sur la technologie des nano satellites. De plus, un
article diffusé le 5 juillet 2000, par lagence dinformation de la Chine à
Hong Kong, encourage ouvertement des activités hostiles aux Etats-Unis : « Pour des pays
qui ne seront jamais en mesure de vaincre les Etats-Unis avec des chars et des avions, il
peut être extrêmement séduisant denvisager de sen prendre au système
spatial américain, notamment parce que le Pentagone dépend dans une large mesure de
lespace pour son action militaire ». Wang Hucheng, 2000, The U.S.
Militarys Soft Ribs and Strategic Weakness (Le point faible de
lArmée des Etats-Unis et fragilité stratégique), Beijing Xinhua Hong Kong
Service, 5 juillet 2000.
Il
est indéniable que la dépendance croissante de la défense américaine vis à vis des
moyens spatiaux tant militaires que commerciaux est devenue une vulnérabilité, et
apparaît comme le talon dAchille de son architecture C4ISR (Command, Control,
Communication, Computer, Intelligence, Reconnaissance). La perte de systèmes
spatiaux utilisés dans le cadre dopérations militaires ou dans la récolte de
renseignements nuirait considérablement à lefficacité des forces armées
américaines, ce qui se traduirait probablement par des pertes humaines plus élevées,
des dégâts plus importants, et renforcerait sans doute lincertitude de
lissue du conflit. Les inquiétudes des responsables politiques et militaires
américains reposent aussi sur une simple constatation : de plus en plus de pays sont
présents dans lespace. Une étude de la documentation de lindustrie confirme
que plus dune douzaine dEtats sont actuellement en mesure de placer un objet
en orbite. Et sil est possible de placer un objet dans lespace, cet objet peut
être une arme.
Les
moyens spatiaux deviennent donc des cibles potentielles. Il serait légitime que toute
nation ayant fait ce constat, protège ses centres de gravité pour maintenir sa liberté
daction. En conséquence, les Etats-Unis ont affiché leur volonté de déployer des
systèmes antisatellites terrestres mais également spatiaux.
En
termes de doctrines, lArmée de lAir américaine a pour mission de
sassurer de la supériorité spatiale. Ainsi, le contrôle de lespace,
englobe-t-il lensemble des actions et opérations spatiales ou terrestres pour
assurer aux forces alliées le libre accès à leurs capacités spatiales et interdire à
un ennemi dutiliser lespace à son profit contre les forces et les capacités
spatiales américaines. Ces opérations remplissent cinq fonctions : les missions de
support (lancement et maintien à poste), la surveillance de lespace, la force de
frappe nucléaire, la défense passive et la défense active.
Le
débat sur lutilisation des armes spatiales est largement entamé et rares sont
aujourdhui les responsables américains qui se posent encore des questions sur
lapport du spatial en matière de défense et notamment dans la lutte contre le
terrorisme. Lespace fait désormais partie intégrante de la panoplie du combattant
américain. Lutilisation des moyens spatiaux, et le développement darmes
«spatiales» sont de fait intégrés dans la stratégie de défense des Etats-Unis.
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