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Edité
par Rémy Mauduit (Madoui)
In
English
Résumé
de léditeur : Science fiction ou réalité ? En très peu de temps ce qui
apparaissait être des fruits dune imagination galopante ou des gagdets de science
fiction sont aujourdhui une réalité, des faits incontestables. La vision du
Commandement Spatial de lArmée de lAir des États-Unis, sa stratégie et son
plan de transformation appelée « Commander le futur » nous sont expliqué par le
général Lance W. Lord. Il nous fait aussi un portrait de ce nouveau guerrier de
lespace. |
«
La victoire sourit à ceux qui anticipent les changements de la nature de la guerre, et
non pas à ceux qui attendent pour sadapter que les changements aient eu lieu. » |
Giulio
Douhet |
Personne
ne niera que la guerre ait changé de caractère au cours du siècle dernier. Nous sommes
passés au vingtième siècle de la longue guerre dusure des deux guerres mondiales
à la guerre de guérilla du Vietnam. La situation de la sécurité globale a évolué de
limpasse entre les superpuissances pendant la Guerre froide jusquaux conflits
régionaux dans les Balkans, le sud-ouest asiatique, les opérations humanitaires et la
guerre globale contre le terrorisme. La dernière évolution de la doctrine de base de
lArmée de lAir nous rappelle la nécessité « de garder à lesprit les
leçons du passé », dêtre vigilant et réceptif aux technologies du futur et au
paradigme, parce quils peuvent dune façon ou dune autre « modifier
lart de la guerre aérienne et spatiale. »1 Le commandement de
lArmée de lAir est prêt aujourdhui à prendre à cur ces
enseignements. Cet article trace la voie à suivre en examinant dabord quelques
leçons clefs tirées des conflits récents, puis les fondations posées précédemment au
cours dopérations militaires aériennes, et finalement la vision du futur projetée
par le Commandement Spatial de lArmée de lAir.
Lespace
aujourdhui
Aujourdhui
les évènements mondiaux se déroulent sous nos yeux comme si nous étions sur place.
Nous sommes avertis à lavance des conditions météorologiques difficiles au moment
où elles se développent. Nous communiquons tout aussi facilement avec des personnes
situées à 10 ou à 10000 kms, et un petit récepteur nous indique notre position exacte
et à quelle vitesse nous nous déplaçons dans lespace, sur terre ou en mer. Les
nouvelles technologies permettent le déplacement à travers le monde à la vitesse de la
lumière et laccès à de grandes quantités de données. Il y a seulement un
siècle les gens auraient considéré de telles prouesses comme de la science fiction; les
capacités spatiales modernes les rendent, ainsi que beaucoup dautres, des faits
incontestables. La force spatiale a transformé notre société et notre armée.
Aujourdhui, à laube du 21e siècle, nous ne pouvons pas vivre ou nous battre
et gagner sans elle.
Bien
que beaucoup de personnes fassent référence à lopération « Desert Storm »
(Tempête du Désert) comme étant la première guerre spatiale, elle ne fut pas la
première à utiliser les capacités de lespace au cours dun conflit. Les
satellites météorologiques et de communication ont fourni pendant la guerre du Vietnam
des données en temps presque réel qui étaient essentielles pour les opérations de
combat.2 En revanche la guerre du Golfe en 1991 fut « le premier conflit dans
lhistoire à faire un grand usage des systèmes de soutien spatial. »3
Depuis, nous avons beaucoup travaillé pour intégrer dans nos forces aériennes,
terrestres et navales les avantages fournis par les capacités de haute technologie
fonctionnant à la vitesse de la lumière. Ces efforts ont considérablement amélioré la
façon américaine de faire la guerre, et ils ont été payant au cours de
lopération « Iraqi Freedom »
(Libération de lIrak). Les forces américaines ont mené une coalition qui a
établi des références en matière de vitesse, précision, mortalité, objectif et
flexibilité. Comme la déclaré le Président George W. Bush le 1er mai 2003 à
bord du vaisseau USS Abraham Lincoln : « lopération Libération de lIrak à
été accomplie en alliant précision, vitesse et audace auxquelles lennemi ne
sattendait pas, et que le monde navait jamais vues auparavant. A partir de
bases éloignées ou de vaisseaux en mer nous avons envoyé des aéronefs et missiles qui
pouvaient détruire des divisions ennemies ou frapper uniquement un blockhaus. »4
En quelques minutes, et non pas en heures, jours ou semaines comme par le passé, les
commandements ont identifié et attaqué les cibles, et reçu les estimations de dommages
en temps voulu. Alors général de corps d'armée T. Michael Moseley (surnommé « Buzz », actuellement Chef détat major de
lArmée de lAir [note de léditeur]) commandant des forces aériennes
combinées a souligné le rôle joué par les capacités spatiales quand il a déclaré :
« Les satellites ont été incroyablement efficaces
. Aidant aux opérations
conventionnelles terrestres, navales, aériennes et spéciales. Ils ont fait la
différence. »5
Les
combattants de lespace ont été déployés dans les centres des opérations
aériennes et spatiales de la coalition « AOC Air Operation Center » (Centre des Opérations
Aériennes); certains ont servi en tant que conseillers experts auprès du commandant des
composantes des forces armées combinées terrestres, et dautres ont été affectés
auprès des unités « wing-level » (unités
aériennes) où ils ont intégré, facilité et généré des opérations de combat dans
la troisième dimension. Toutefois, tous nos combattants de lespace nont pas
besoin dêtre déployés sur le site même de la guerre. Des forces spatiales
opérant à partir des garnisons basées sur le territoire national ont soutenu les
experts sur les lieux et dans de nombreux cas ont fourni un soutien direct et des
informations aux forces interarmées et forces de la coalition sur le terrain. Pendant le
conflit, nos « AOC » spatiaux ont su orchestrer et intégrer un support à distance au
théâtre des opérations dans les « moments critiques».6
En
travaillant avec des combattants hautement entraînés, hautement qualifiés, hautement
connectés, et hautement intégrés, nous pouvons générer une synergie de combat sans
précédent sur le champ de bataille. Cette synergie, chose sur laquelle nous avons appris
à compter, est soutenue de façon extraordinaire par les yeux, les oreilles et les
dispositifs « hors sol » de lespace.
Lespace
à un « visage » - les capacités de lespace et leurs effets touchent tous les
aspects de nos opérations de combat, mais cest uniquement quand nous commençons à
donner des exemples particuliers que limpact de ces effets est compris dans nos
foyers. Le général de corps darmée Dan Leaf décrit cet impact : « les systèmes
spatiaux ont été intégrés dans tout ce que nos forces terrestres ont fait :
mouvements, tirs et communications. »7 Il aime raconter une histoire
concernant lopération Libération de lIrak qui illustre la synergie de nos
forces armées aujourdhui.
Fin
mars 2003, les éléments de tête de la 3e division dinfanterie ont combattu les
forces ennemies au sud de la ville iraquienne de Najaf. Des membres de la troupe «
Charlie » du 3e escadron, 7e cavalerie, ont rencontré les forces armées iraquiennes la
nuit dans une tempête de sable et ont été encerclés. Les ennemis les engageaient
sporadiquement à lest et au sud mais aussi de façon importante sur le flanc ouest
pendant quun autre groupe dennemis se déplaçait de Hallah vers Najaf. Cet
engagement militaire était si rapproché que les grenades irakiennes fusée-propulsées
ricochaient sur les chars blindés américains tuant des soldats irakiens. Les mauvaises
conditions climatiques forcèrent les Iraquiens à regrouper leurs chars T-72 et les
autres véhicules blindés de façon très serrée. Au cours de cette intense bataille,
les soldats de larmée américaine sont descendus de leurs chars et pris les fusils
AK-47 des ennemis morts et blessés pour répondre aux tirs adverses.
Pendant
cet engagement, un contrôleur tactique des forces aériennes américaines attaqua 20
T-72s et 10 à 15 autres véhicules blindés à partir dun bombardier B1 de
larmée de lair larguant des munitions de type JDAM de 900 kgs guidées par 4
GPS. Le bombardier reçut sa mission via les communications par satellite et, grâce à la
navigation par GPS satellitaire lâcha les projectiles très précisément sur
lennemi, détruisant les forces irakiennes. Quand la poussière sest
dispersée, la troupe « Charlie » navait pas subi de perte. Les forces de la
coalition ont transformé un désastre potentiel en une cinglante défaite pour
lennemi tout en démontrant lavantage asymétrique que peuvent apporter les
capacités aériennes et spatiales au cours dune bataille.
Un
autre exemple « a contrario » qui a donné un « visage » à lespace nous vient
de la 2e guerre mondiale et des bombardements de jour sur Schweinfurt en Allemagne en
1943. Les cibles étaient cinq usines de production de roulements à billes essentiels
pour la construction des avions de combat allemands. Lors de la première mission, le 17
août, 200 B-17 « Flying Fortress » ont
lâché 336 tonnes de projectiles. Trente six avions ont été perdus au cours de cette
seule mission. Le 14 octobre, les États-Unis ont perdu 60 autres avions, et 138 autres
sur 291 ont été endommagés lors du raid, soit un total pour les deux missions de 68% de
dommage ou destruction ! Les forces de lArmée de lAir américaine ne purent
pas poursuivre leurs missions de pénétration avancée sans lescorte des avions de
chasse; les pertes furent importantes. En conséquence, les alliés ont suspendu les
attaques pendant quatre mois, et la production des Allemands a retrouvé son niveau
davant les raids.
Aujourdhui,
une mission faisant intervenir un seul B-2 ou B-52 armé de munitions de type JDAM de 4.5
T guidées par 5 GPS aurait de bien meilleurs effets que les projectiles qui ont été
lâchés sur Schweinfurt au cours de plusieurs missions et totalisant 10850 T, détruisant
certes les cibles mais causant des dommages collatéraux importants et tuant de nombreux
civils. Une fois encore cet exemple illustre les effets asymétriques de
lintégration des forces aériennes et spatiales. Les leçons tirées de chaque
opération de contingence depuis lopération « Desert Storm » mettent en évidence
limportance et lurgence dintégrer complètement lespace dans les
combats. Aujourdhui, notre équipe intégrée de professionnels dédiés à
lespace, les capacités de lespace et les missiles quils fournissent
sont essentiels dans tout combat, et peut être plus encore pour désamorcer un conflit
avant quil ne débute. « Lespace » militaire nest maintenant plus
caché derrière des portes secrètes.
Bien
que nous fassions légitimement léloge de nos récents succès au combat, le
Commandement Spatial de lArmée de lAir doit progresser pour faire face à
dencore plus grands défis dans le futur. Les capacités de lespace offrent à
larmée de notre nation un avantage asymétrique en perpétuelle progression. Nous
ne devons pas laisser cet avantage, à priori important, se transformer en vulnérabilité
handicapante. Les futurs adversaires comprennent limportance de lespace et
lavantage quil offre à nos forces armées. Nous devons supposer que ces
mêmes adversaires potentiels sont entrain de développer des méthodes pour défier nos
capacités. On a dit que « lon ne sait jamais vraiment ce que lon a
jusquà ce quon le perde. » Imaginez que lon tire sur le « fil » de
trame de lespace fermement tissé dans la chaîne de nos forces interarmées : nos
capacités commenceraient à se détériorer rapidement. Nous avons profité dune
période de domination incontestée dans lespace militaire qui a rendu possible
notre succès depuis lopération « Desert Storm ». Notre tâche serait beaucoup
plus simple si nous pouvions penser que cette tendance va perdurer, mais cela
appartiendrait au domaine du rêve.
Lespace
dHier
Ces
craintes et les enseignements des expériences récentes influenceront de façon
significative le futur, mais le Commandement Spatial de lArmée de lAir doit
aussi se référer au passé pour développer les forces spatiales du futur.
Les
fondations pour le futur
Un
petit groupe de visionnaires a joué un rôle clef en établissant les fondations de la
puissance spatiale militaire de notre nation. Ces pionniers de lespace ont dirigé
les innovations techniques qui ont mené les États-Unis à travers la Guerre froide, et
nous lont fait gagner. En 1954 le Commandement de la Recherche et du Développement
de lArmée de lAir a créé la « Western
Development Division » (Division du Développement Occidental) et nommé son premier
commandant : Bernard A. Schriever, alors général de brigade.8 Le général
Schriever et son équipe ont développé les systèmes qui ont constitué la base de
toutes nos capacités spatiales et de missiles actuelles. Ils ont généré magistralement
le leadership de lArmée de lAir dans la puissance spatiale militaire.
La
« Western Development Division » a développé
le programme ICBM, « missile balistique intercontinental », le programme « Corona/Discoverer satellite-imagery » et les
programmes de lancement de notre nation. La division a intégré les satellites de
communication, de météorologie, de navigation et MIDAS « Missile Detection and Surveillance » (Missiles de
détection et de surveillance), le premier programme de détection de missiles. Ces
capacités techniques et leur supériorité technologique ont été les fondations de
progrès stupéfiants, progrès absolument essentiels pour suivre le rythme des
Soviétiques, et finalement les dépasser dans la course à la suprématie. Les systèmes
eux-mêmes nétaient pas les moteurs de ce progrès, de ces capacités techniques et
de cette supériorité, mais bien les personnes qui avaient pris en main et conçu ses
systèmes sur les planches à dessin pour en faire une réalité.
Les
Pionniers de lEspace et des Missiles
Chaque
année le Commandement spatial de lArmée de lAir honore des individus qui ont
joué un rôle important dans lhistoire des programmes spatiaux et de missiles de
lArmée de lAir. Les réalisations de ces pionniers ne sont rien de moins
quincroyables. Leurs efforts ont produit les capacités qui sont encore les
meilleures au monde. Avec une richesse technique et une détermination sans faille, ils
ont accompli ce que personne navait jamais accompli auparavant. Les États-Unis ont
fait totalement confiance à ces pionniers à un moment où léchec nétait
tout simplement pas envisageable. Le général de brigade Martin Menter, qui, dès la fin
des années 50, fut un leader international dans les domaines du droit aéronautique et
spatial, reçut une distinction lannée passée. Ses traités juridiques sur les
lois spatiales ont été les premiers du genre dans le monde.9 Une autre
personne honorée en 2003 fût le colonel Albert J. Wetzel (surnommé « Red ») qui
dirigea le programme Titan ICBM, de sa conception jusquà sa disponibilité
opérationnelle en 1961.10 Le lieutenant John C. Herther (surnommé « Jack »)
conçut à la fin des années 50 un système de stabilisation à trois axes, qui permit au
véhicule spatial Agena de Lockheed de devenir la bête de somme du programme de
reconnaissance Corona.11 Pour finir, citons le capitaine Robert C. Truax
(surnommé « Bob ») de la Marine américaine, qui joua pendant trois ans un rôle
instrumental dans les premières phases du programme de système de reconnaissance
avancée de lArmée de lAir pour le missile balistique de moyenne portée «
Thor » et le « WS-117L, » à la « Western
Development Division ».12 Ces pionniers ont conçu, lancé les programmes
et franchi tous les obstacles. Ils ont posé les fondations et mis le Commandement spatial
de lArmée de lAir sur la voie dun succès bien utile à la nation dans
les décennies qui ont suivi. Nos succès dans les contingences et les opérations de
combat récentes ont aussi été rendues possibles par les efforts concertés pour rendre
les actions spatiales opérationnelles.
Rendre
les actions spatiales opérationnelles
Au
cours des 12 dernières années, rendre le spatial opérationnel a servi de principe
central à lordre du jour du Commandement Spatial de lArmée de lAir, et
cette ambition a payé. En se basant sur les expériences des missions aériennes et des
opérations de missiles passées, le commandement a discipliné et structuré les
opérations spatiales à partir de données techniques fiables combinées à un solide
entraînement des équipages, à des évaluations et à des inspections. Ainsi, les
succès opérationnels, la disponibilité et les compétences se sont nettement
améliorés. Le Commandement Spatial de lArmée de lAir a élaboré une très
importante base de données pour les systèmes spatiaux fondés sur les capacités
opérationnelles des armes et étendu les responsabilités auparavant attribuées à des
officiers et des sous-officiers de haut niveau aux lieutenants et cadets de lArmée
de lair.
Ces
leçons du passé, les fondations techniques posées par les femmes et les hommes de la «
Western Development Division », les exemples montrés par nos pionniers de lespace,
et les progrès significatifs pour rendre opérationnelles les actions spatiales au sein
du Commandement Spatial de lArmée de lAir, indiquent clairement les
prochaines étapes de la force spatiale. Notre nation est de plus en plus dépendante de
ces capacités; il devient en conséquence crucial de créer et développer un encadrement
des combattants de lespace qui soit tout aussi qualifié pour mener des opérations
autres que technique. Les opérations militaires spatiales doivent pouvoir sappuyer
pour chaque mission et chaque Arme, sur des gens profondément compétents capables
daffronter les menaces croissantes et de plus en plus indéterminées, différentes
de celles auxquelles notre nation a été confrontée pendant la Guerre froide.
Les
enseignements tirés du passé, associés aux menaces incertaines surgissant dans la
dynamique et lenvironnement sécuritaire changeant du 21e siècle, exigent un
changement dorientation des opérations spatiales militaires; ce challenge du futur
est « La défense des États-Unis dAmérique par le contrôle et
lexploitation de lespace. »13 Le Commandement Spatial de
lArmée de lAir doit donc poursuivre dans la voie couronnée de succès de
lamélioration des unités mises à la disposition de nos forces interarmées
aujourdhui, en se concentrant davantage sur une défense et une force de frappe
spatiale au niveau supérieur, cest à dire devenir un commandement de combat
spatial complet.
Lespace
de demain
Les
capacités de lespace sont globales par nature et combinées quant aux effets
quelles produisent. Le Commandement Spatial de lArmée de lAir doit
développer et fournir tous les résultats attendus du combat spatial total. Dans ce but
les capacités de commandement et de contrôle doivent produire les bons résultats de
combat au bon endroit au bon moment. Cet accomplissement nécessite un changement
fondamental de notre façon de penser. Dans le passé, nous nous concentrions largement
sur lamélioration de la puissance de nos systèmes spatiaux et sur le rôle de
dissuasion de nos forces nucléaires. Les opérations spatiales et de missiles de demain
seront axées sur le développement et la projection de la puissance de combat. Pour faire
de cette vision une réalité, le Commandement Spatial de lArmée de lAir à
mis en place une stratégie que nous appelons « Commander le Futur », notre plan pour
cette transformation.
Les
Professionnels de lespace
Une
des composantes clefs et cruciale de ce plan est laspect humain autrement dit
lensemble des professionnels de lespace. On peut trouver des scientifiques,
des ingénieurs et des opérateurs de renommés mondiale dans les institutions
académiques, les industries, les agences gouvernementales
et tous les services de larmée.14 Il est essentiel de maintenir
lexcellence dans les disciplines scientifiques et dingénierie pour le futur
du programme de sécurité spatiale nationale de notre nation. Comme le fait remarquer la
Commission Spatiale, cela nest pas couru davance: « Les militaires
professionnels de lespace devront maîtriser des technologies hautement complexes;
développer de nouvelles doctrines et concepts dopérations de lancement et
dopérations spatiales offensives et défensives, des projections de la puissance -
vers, depuis et dans lespace -, et dautres utilisations militaires de
lespace; ils devront être capables dopérer des systèmes parmi les plus
complexes jamais construits et déployés. »15
Pour
façonner le futur, léquipe de demain doit construire sur les succès
daujourdhui et sur limmense héritage des pionniers de lespace et
des missiles. Jai eu loccasion de parler à des cadets de lAcadémie de
lArmée de lAir au sujet de la carrière et de « létat »
dofficier; jen fus impressionné. Leur éducation militaire professionnelle et
technique est réellement la meilleure qui soit, et le « Programme pour le changement »
de leur commandement fait de véritables progrès. Ces hommes et ces femmes remarquables,
comme ceux du Corps dEntraînement des Officiers de Réserve et de lEcole
dEntraînement des Officiers, sont les futurs leaders et pionniers de notre Armée
de lAir. Ils opéreront, utiliseront et entretiendront les systèmes que nous
concevons et construisons aujourdhui. Les professionnels de lespace
aujourdhui en action travaillent avec acharnement pour définir et façonner le
futur, mais ces jeunes le vivront !
La
culture du combattant
La
culture est une autre composante de notre plan « Commander le Futur », directement liée
au concept de lespace professionnel. Les membres de la Commission Spatiale ont cité
dans leur rapport limportance de la culture et recommandé que lArmée de
lAir : « prenne les mesures pour créer une culture au sein du Service, qui soit
dédiée au développement de concepts de nouveaux systèmes spatiaux, à la doctrine et
aux capacités opérationnelles. »16 Cest le devoir et la
responsabilité fondamentale du Commandement Spatial de lArmée de lAir de
générer, maintenir et assurer la supériorité spatiale. Nous devons nous assurer que
notre nation et nos alliés puissent opérer dans lespace et empêcher nos
adversaires de bénéficier de cet avantage. Le Commandement Spatial de lArmée de
lAir est entrain de développer une culture guerrière, un génie combattant, pour
faire face à cette responsabilité.
En
tant que soldats de lArmée de lAir, nous reconnaissons limportance de
parvenir à la supériorité aérienne dans tous les conflits. Nous concevons et
construisons des aéronefs et des armes pour répondre à cette exigence et insistons sur
le devoir de supériorité à travers notre éducation militaire professionnelle en
entraînant nos leaders et combattants dans ce but. Ceci représente lessence même
de notre culture de service et il en va de même pour lespace. La supériorité
spatiale est notre mandat, et elle doit nous être aussi naturelle que la supériorité
aérienne. Aujourdhui le monde est beaucoup plus incertain quil ne
létait pendant la Guerre froide. Les menaces sont plus imprévisibles, et les
adversaires ont de plus en plus de bon sens technologique. Les capacités spatiales sont
devenues un centre de gravité tant militaire quéconomique pour notre nation et nos
alliés.17 Nous supposons que ces capacités seront toujours disponibles et les
estimons plus cruciales que jamais.
La
supériorité spatiale
Tout
comme nous atteignons et maintenons la supériorité aérienne tant défensives
quoffensives, nous atteignons aussi la supériorité spatiale dans le même genre
dengagement. Le Document Doctrine 2-2 de lArmée de lAir, « Space Operations » (Opérations Spatiales),
nous dit que SSA « Space Situational Awareness
» (Sensibilisation à la conjoncture de lespace) constitue le fondement de toutes
les actions spatiales dengagements.18 Autrement dit, une solide « SSA »
est absolument essentielle à notre mandat pour assurer la supériorité dans ce domaine.
Historiquement, les efforts du commandement étaient concentrés sur la surveillance
spatiale; la « SSA » représente maintenant bien plus que cette surveillance.
Selon
les données du 1er Escadron de Contrôle Spatial, situé à la base de lArmée de
lAir à Cheyenne Mountain dans le Colorado, il y a actuellement plus de 1150
satellites dans lespace, plus de 300 sont des satellites américains dont 60 des
satellites militaires. Nous surveillons aussi plus de 13500 objets pour éviter les
collisions.19 Malgré cette surveillance de lespace, nous devons
approfondir notre connaissance de ce milieu. Nous devons savoir quelles sont les
capacités disponibles de nos adversaires potentiels et nous devons pouvoir appréhender
un évènement naturel ou hostile capable de perturber notre utilisation de lespace
ou représentant une menace contre nos intérêts sur terre. Les adversaires connaissent
la valeur et les intérêts dérivés de lespace, intérêts qui mettent en valeur,
améliorent et transforment nos opérations militaires. Nous ne devons pas ignorer
quils feront en sorte dempêcher cet avantage asymétrique. Cette hypothèse
sest révélée exacte au cours de lopération Libération de lIrak,
quand les forces de la coalition ont du faire face à un brouillage de GPS. Ceci ne
représente que la partie émergée de liceberg, de ce qui nous attend dans le
futur. Nous devons avoir les méthodes et moyens pour détecter, caractériser, reporter,
et répondre aux attaques dans lespace. Lespace nest plus un sanctuaire,
et notre vision, notre culture, doivent être transformées en conséquence. La
supériorité spatiale doit constituer notre première pensée. Elle doit devenir notre
manière de vivre.
Conclusion
Au
Commandement Spatial de lArmée de lAir, tous les efforts pour « Commander le
Futur » sont mis en uvre pour réaliser notre vision du commandement de combat
spatial total, primordial dans lapplication de la puissance spatiale à la fois pour
la sécurité nationale et pour la guerre.20 Le fondement de cette doctrine est
lidée dune capacité totale, dans tous les aspects dun conflit. Nous
devrons être en mesure de produire rapidement la totalité de la puissance de
lespace pour obtenir globalement, quand et où elles seront nécessaires, les
capacités génératrices de combat. Nous devrons aussi être au courant des tentatives
des adversaires pour exploiter ce même éventail davantages, et être en mesure de
riposter.
Quelle
est la condition pour faire de cette vision une réalité ? En réalité, cest très
simple ! Nos professionnels de lespace seront des guerriers, ils doivent avoir cette
optique. Les professionnels de lespace doivent appréhender la totalité de
léventail des capacités spatiales et des résultats quelles peuvent
produire, ils doivent aussi comprendre comment ces résultats sont intégrés à ceux qui
sont générés dans les airs, sur la terre et en mer. Ils deviendront des experts non
seulement en matière dopérations mais aussi des experts du processus
dacquisition. Le nouveau cadre spatial aura une importante formation spatiale, mais
aussi des compétences en profondeur dans les différents systèmes darmes. Pourquoi
tant dexigences ? Leur -demandons-nous dêtre des pionniers ? En un mot, oui.
Les capacités spatiales de la prochaine génération, que nous développons
aujourdhui, seront plus complexes, plus dynamiques, plus intégrées et répondront
mieux aussi bien aux besoins des théâtres dopérations quaux besoins
globaux.21 Les professionnels de lespace du futur doivent savoir tirer
profit de ces capacités.
Il
est vrai que cela représente de nombreux changements, mais il doit être bien clair aussi
que ce processus est absolument nécessaire. Le Commandement Spatial de lArmée de
lAir doit se concentrer sur le futur et être prêt pour ce quil nous
réserve. Nos expériences passées nous ont appris que nous devons être prêts pour des
défis nouveaux et inattendus, prêts pour les imprévus. Dans ce but nous de-vons
modifier notre manière de procéder. Toutefois, à travers cette transformation certains
principes demeurent. Dans un discours à lUniversité de la Défense Nationale en
janvier 2002, le Secrétaire Général de la Défense, Donald Rumsfeld a rappelé aux
militaires américains, une autre période de changements importants : « En 1962,
période dagitation et de transformation aussi, tandis que nos forces se
préparaient à faire face aux défis de la Guerre froide, le Général MacArthur
sadressant aux cadets de West Point, déclara : « durant tout ce fatras de
changements notre mission est restée la même, déterminée et inviolable : gagner les
guerres. La mission des forces armées aujourdhui est tout aussi définie, et elle
est tout aussi déterminée et inviolable. »22
Au
cours des prochaines années, le Commandement spatial de lArmée de lAir
évoluera en faisant en sorte de continuer à atteindre ce but et à accomplir notre
mission. Le caractère de la guerre est vraiment dynamique, et notre anticipation des
changements permettra à la victoire de nous sourire.
Notes
1.
Air Force Doctrine Document (AFDD) 1 - Air Force Basic Doctrine (doctrine de base
de lArmée de lAir) 17 novembre 2003 - 105.
2.
David N. Spiers et al., eds., Beyond Horizons (au-delà des horizons) : A Half Century
of Air Force Space Leadership (un demi-siècle de leadership de lArmée de
lAir dans lEspace ) (Peterson AFB, CO: Air Force Space Command,
1997), 169.
3.
Conduct of the Persian Gulf War Final Report to Congress (conduite de la guerre du
Golfe : rapport final au Congrès) (Washington, DC: Department of Defense, avril
1992).
4.
President Bush Announces Major Combat Operations in Iraq Have Ended : Remarks by the
President from the USS Abraham Lincoln at Sea Off the Coast of San Diego,
California (le Président Bush annonce que les grandes opérations de combat en Irak
ont pris fin : remarques du Président depuis le vaisseau USS Abraham Lincoln en
mer au large des côtes de San Diego Californie) - 1er mai 2003 -
http://www.whitehouse.gov/news/releases/2003/05/iraq/20030501-15.html.
5.
Alors général de corps darmée Michael Moseley, (actuellement Chef détat
major de lArmée de lAirnote de léditeur) Coalition Forces
Air Component Command Briefing, (briefing du commandement des composantes de la
coalition des forces armées) United States Department of Defense, News
Transcript, 5 avril 2003 -
http:/www.defenselink.mil/news/Apr2003/t04052003_t405mose.html.
6.
Cet « AOC » « Air Operation Centre »
(Centre des Opérations Aériennes) est situé à la base de lArmée de lAir
Vandenberg - Californie.
7.
Le général de corps darmée Daniel P. Leaf, Air
Force Space Command, Peterson AFB, CO, interviewé par le commandant John Wagner le 14
août 2003. Actuellement vice-commandant du Commandement spatial de lArmée de
lAir, le Général Leaf a servi en tant que Directeur des Eléments de la
Coordination de la composante Aérienne pour le chef des forces terrestres combinées au
cours de lOpération « Libération de lIrak. »
8.
Gen Bernard A. Schriever, Military Space
Activities: Recollections and Observations, in The U.S. Air Force in Space:
1945 to the Twenty-first Century, (Activités Militaires Spatiales : Observations et
Souvenirs de lArmée de lAir américaine dans lEspace : de 1945 au
21ème siècle) ed. R. Cargill Hall and Jacob Neufeld (Washington, DC: Air Force
History and Museums Program, 1998) (Washington - DC : Programme des Musées et de
lHistoire de LArmée de lAir) 15.
9.
Air Force Space Command Historians Office, Brigadier General Martin
Menter, Air Force Space and Missile Pioneers (Les pionniers des Forces
Spatiales et de Missiles), http://www.peterson.af.mil/hqafspc/history/menter.htm.
10.
Air Force Space Command Historians Office, Colonel Albert J. Wetzel, Air
Force Space and Missile Pioneers (Les pionniers des Forces Spatiales et de Missiles),
http://www.peterson.af.mil/hqafspc/history/Wetzel.htm.
11.
Air Force Space Command Historians Office, Mr. John C. Herther, Air
Force Space and Missile Pioneers (Les pionniers des Forces Spatiales et de Missiles),
http://www.peterson.af.mil/hqafspc/history/herther.htm.
12.
Air Force Space Command Historians Office, Captain Robert C. Truax
(USN), Air Force Space and Missile Pioneers (Les pionniers des Forces
Spatiales et de Missiles), http://www.peterson.af.mil/hqafspc/history/Truax.htm.
13.
Annual Performance Plan (Plan Annuel de Performances) (Peterson AFB, CO:
Headquarters Air Force Space Command, 2003), 2.
14.
Report of the Commission to Assess United States National Security Space Management and
Organization: Executive Summary (Rapport de la Commission pour lEvaluation de
lOrganisation et Gestion de la Sécurité Spatiale Nationale des États Unis :
récapitulatif) (Washington, DC: The Commission, 11 January 2001), 18.
15.
Ibid. « Space Commission » (la Commission Spatiale) est le terme couramment
utilisé pour se référer à la Commission pour lÉvaluation de lOrganisation
et Gestion de la Sécurité Spatiale Nationale des États Unis).
16.
Ibid., 23.
17.
Air Force Space Command Strategic Master Plan (Plan Stratégique Directeur du
Commandement spatial de lArmée de lAir) , FY06 and Beyond (Colorado
Springs, CO: Headquarters Air Force Space Command/XPXP, 1er october 2003) - 23.
18.
AFDD 2-2, « Space Operations » (Opérations Spatiales), 27 novembre 2001
-14.
19.
Le 1er Escadron Spatial de Contrôle repère les objets dune taille de 10 cm minimum
qui pourraient causer des dommages importants aux engins spatiaux avec ou sans équipage.
20.
Air Force Space Command Strategic Master Plan (Plan Stratégique Directeur du
Commandement spatial de lArmée de lAir) - 3.
21.
Ces capacités incluent, mais ne sont pas limitées à : « space-based space surveillance
» (SBSS) (surveillance basée dans lespace), space-based radar (SBR) (les radars
basés dans lespace), « space-based infrared system » (SBIRS) (les systèmes
infrarouges basés dans lespace), et les communications transformationnelles.
22.
Donald Rumsfeld, Secrétaire Général de la Défense (discours National Defense
University (Université de la Défense Nationale) -Fort Lesley J. McNair, -Washington -
DC, -31 janvier 2002).
Le
Général Lance W. Lord
(BS, Otterbein College; MS, University of North Dakota) est le commandant du Commandement
Spatial de lArmée de lAir à la base de lArmée de lAir Peterson
dans le Colorado. Il est responsable du développement, de lacquisition et des
opérations des systèmes spatiaux et de missiles de lArmée de lAir. Le
Général supervise un réseau global de commandement et de contrôle de satellites, de
communications, dalerte missile, et dinstallations de lancement; il assure la
disponibilité de combat des missiles balistiques intercontinentaux des forces
américaines. Il dirige plus de 39700 professionnels de lespace qui fournissent des
forces et des capacités de combat au Commandement de la Défense Aérospatiale Nord
Américain et au Commandement stratégique Américain.
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