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par Rémy Mauduit (Madoui)
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English
Résumé
de léditeur : Les États-Unis seront confrontés à une lacune dintervention
à léchelle planétaire sils doivent faire face à un adversaire dont le
territoire est vaste et bien défendu sur un théâtre daccès difficile à
lautre bout du monde. Pour combler cette lacune, lU.S. Air Force devrait
créer une flotte daéronefs porte-avions destinés à transporter des chasseurs
furtifs et des véhicules aériens de combat sans pilote et offrant un rayon daction
planétaire pour protéger, appuyer et soutenir la flotte limitée de B-2. |
Les
bombardiers de lU.S. Air Force jouèrent des rôles clés lors des opérations Allied Force, Enduring
Freedom et Iraqi Freedom. Pendant toute
lopération Allied Force, des B-2
décollant de la zone continentale des États-Unis (continental United States, CONUS)
exécutèrent des missions aller-retour de 30 heures de vol pour bombarder de nuit des
objectifs de haute importance en Yougoslavie dans un espace aérien considéré comme trop
hostile pour les aéronefs non furtifs. Heureusement, les aérodromes de lOTAN
situés en Italie, voisine du théâtre des opérations, permirent dappliquer la
tactique éprouvée qui consiste à grouper des avions de suppression rapprochée des
défenses, de chasse et de brouillage pour limiter la vulnérabilité des bombardiers.1
Deux sorties de B-2 décollant de la CONUS effectuées lors des deux premières nuits de
lopération Enduring Freedom créèrent
rapidement un environnement sans risques au-dessus de lAfghanistan en éliminant les
maigres défenses aériennes stratégiques des Talibans.2 Cela permit aux
bombardiers B-1 et B-52 commodément basés sur latoll de Diego Garcia, possession
britannique, de survoler librement tout lAfghanistan pour marteler les position
dal-Qaeda 24 heures sur 24.3 Au cours des 10 mois précédant
lopération Iraqi Freedom, des chasseurs
polyvalents patrouillant les zones dexclusion aérienne sud et nord démantelèrent
de façon systématique la plus grande partie du système de défense aérienne intégré
(Integrated Air Defense System IADS)
irakien.4 Lopération put ainsi être lancée avec des B-1 et B-52
lourdement chargés, basés à Diego Garcia, qui purent attendre librement au-dessus de la
plus grande partie de lIrak pour engager rapidement les objectifs apparaissant sur
le champ de bataille.5 Toutefois, un environnement sans risques pour les
bombardiers non furtifs ou des options favorables pour baser des bombardiers et appareils
dappui rapproché peuvent ne pas se présenter lors du prochain conflit.
Les
pays qui interdisent leur survol ou refusent le droit dy baser des appareils, ainsi
que les adversaires qui menacent des aérodromes ou des alliés avec des missiles
équipés darmes de destruction massive (ADM), peuvent interdire laccès à
des moyens aériens à déploiement régional basés à terre. Les avions dattaque
embarqués et les bombardiers conventionnels à long rayon daction ne peuvent
survivre à la pénétration dun IADS très élaboré qui interdit laccès à
toutes les plateformes autres que les plus furtives. Les missiles de croisière
air-surface ou mer-surface à guidage inertiel sont de plus en plus vulnérables aux
défenses aériennes évoluées et noffrent quun potentiel limité de
destruction des objectifs mobiles, fortifiés et enterrés profondément (HDBT) qui
interdisent laccès. Grâce à son armement à longue portée, peu vulnérable et à
forte puissance de pénétration, le bombardier furtif B-2 constitue une plateforme
dintervention planétaire à potentiel élevé.6 Malheureusement, les 16
B-2 aptes au combat figurant dans notre inventaire sont insuffisants pour effectuer une
opération daffaiblissement par bombardement intensif sans escorte dans les zones
dans lesquelles une interdiction daccès empêche dutiliser les appareils
basés dans la région.7 Les chasseurs furtifs F/A-22 et F-117 devraient
pouvoir protéger et appuyer la flotte limitée de B-2 en engageant des objectifs mobiles
et fortifiés de haute importance mais ils nont pas un rayon daction
planétaire à cause de lendurance limitée de leur seul pilote. Dans un avenir
très proche, lIran, la Corée du Nord et la Chine disposeront probablement de la
combinaison darmes, de missiles et de défenses aériennes qui leur permettront
dinterdire laccès aux moyens aériens basés sur le théâtre
dopérations. Il se peut donc que lU.S. Air Force doive recourir à des
missions CONUS-CONUS pour assurer laccès à lespace aérien interdit.
Handicapés par un inventaire limité de B-2 et par limpossibilité dutiliser
des chasseurs furtifs à un rayon daction planétaire, les États-Unis seront
confrontés à une lacune dintervention à léchelle planétaire sils
doivent faire face à un adversaire dont le territoire est vaste et bien défendu sur un
théâtre daccès difficile à lautre bout du monde.
La
solution représentée par laéronef porte-avions
Pour
combler une telle lacune, lU.S. Air Force devrait créer une flotte davions
porte-aéronefs (airborne aircraft carriers, AAC) pour permettre aux chasseurs furtifs et
véhicules aériens de combat sans pilote (unmanned
combat aerial vehicles, UCAV) de protéger, appuyer et soutenir la flotte de B-2. Le
concept de lAAC utilise un avion-gigogne 747-400 pour transporter et employer un
chasseur furtif en configuration piggyback et un
UCAV transporté sous le fuselage. Le ravitaillement en vol permettra dobtenir un
rayon daction planétaire, grâce auquel chaque AAC pourra rester en vol pendant
plusieurs jours à la fois. Un carénage protecteur rétractable couvrira le nez et le
cockpit de lavion furtif de façon à ce que son pilote puisse se déplacer
librement entre lAAC et le chasseur. Les mécanismes de lancement et de
récupération en vol du chasseur furtif et de lUCAV faciliteront les sorties
multiples par les aéronefs embarqués. Le chasseur et lUCAV seront tous deux
ravitaillés en combustible et réarmés tout en étant amarrés à lavion-gigogne
entre les missions. Après deux ou trois interventions coordonnées au cours dune
période de 12 à 24 heures, les avions-gigognes ramèneront les chasseurs et les UCAV sur
la CONUS pour maintenance et remise en état pendant quun autre groupe dAAC
les remplace. Le concept de lAAC ne se substituera pas aux sorties dun
porte-avions et ne prétendra pas en effectuer autant. Une flotte dAAC permettra
plutôt de mobiliser des groupes dintervention hautement efficaces aux niveaux
stratégique et opérationnel en début de campagne pour surmonter linterdiction
daccès et établir les conditions de déploiement et demploi des forces
conventionnelles sur le théâtre dopérations.
Solutions
transitoires
proposées par lindustrie
Pour
combler la lacune dintervention à léchelle planétaire jusquà ce que
la plateforme dintervention à long rayon daction de la prochaine génération
entre en service, lU.S. Air Force se concentre sur une technologie éprouvée pour
créer un potentiel provisoire à réaction rapide, tenace, pouvant survivre dans un
environnement dangereux et capable de tirer des munitions très diverses, y compris celles
qui sont conçues pour attaquer les HDBT.8 Elle espère mettre ce potentiel
provisoire en service dici 2015, lorsquun certain nombre dadversaires
potentiels posséderont les moyens dinterdire laccès. Lindustrie a
répondu par diverses propositions, y compris un B-1 amélioré, un FB-22, un
avion-arsenal transportant des missiles de croisière, diverses options dUCAV et une
augmentation de la charge du B-2. Loption AAC est toutefois visiblement absente.
Le
B-1 joua un rôle significatif lors des opérations Enduring
Freedom et Iraqi Freedom en restant en
position dattente au-dessus du champ de bataille avec des charges importantes pour
engager les objectifs qui se présentaient. Lors de la phase finale de lopération Iraqi Freedom, 12 minutes après que
lobjectif lui ait été communiqué, un B-1 survolant l'ouest de lIrak
effectua un bombardement qui faillit se solder par la mort de Saddam Hussein, alors en
fuite.9 Nous pouvons toutefois attribuer directement lefficacité du
bombardier aux environnements sans risques au-dessus de lAfghanistan et de
lIrak. Bien que le B-1 offre au pays un potentiel extrêmement important, de
nouveaux réacteurs, un système de contre-mesures électroniques (ECM) amélioré,
lajout de missiles air-air et une vitesse de pointe accrue ne réduiront pas
sensiblement sa vulnérabilité lors de la pénétration dun IADS à interdiction
daccès.
Le
FB-22 proposé conserverait la vitesse, la discrétion et lensemble de détection
intégré du F/A-22, il serait pourvu de plus grandes ailes offrant une plus grande
capacité de combustible et il transporterait 30 bombes de faible diamètre (Small-Diameter Bombs SDB).10
Toutefois, aux dires dun spécialiste de laéronautique et de lespace,
changer les ailes dun avion représente lune des modifications les plus
coûteuses et noffre aucune garantie.11 Certains experts suggèrent que
la vitesse supersonique du FB-22 améliorera son potentiel vis-à-vis des objectifs
fugitifs; dautres soutiennent que le bombardier moyen naura pas
lendurance nécessaire pour attendre quun objectif mobile difficile à
atteindre se présente.12 Les critiques prétendent que cet appareil imposera
des contraintes supplémentaires à une flotte davions ravitailleurs déjà mise
largement à contribution. Lorsquelle est pourvue dun kit de vol plané, la
SBD de 250 livres a une portée avec guidage inertiel prévue de 60 miles, ce qui la rend
extrêmement efficace contre les éléments les plus vulnérables dun IADS à
interdiction daccès; il lui manque toutefois la puissance de pénétration
quexige la destruction dun HDBT.13 Bien que cet appareil
représenterait une addition bienvenue à linventaire, les problèmes de coût, de
faisabilité et de potentiel de combat font dun investissement dans le FB-22 une
affaire risquée, compte tenu des efforts visant à faire entrer en service dautres
systèmes, causant un dépassement de budget et un retard dans le programme.
LU.S.
Air Force pourrait également combler la lacune dintervention à léchelle
planétaire en développant un avion arsenal offrant une capacité élevée en missiles de
croisière. Les missiles de croisière air-surface et mer-surface sont dune
importance critique pour attaquer des objectifs non fortifiés dans un environnement à
interdiction daccès mais il leur manque la capacité de réaction rapide, le
potentiel et le coût abordable qui permettraient de totalement combler le vide. Le
général Michael Moseley, alors chef détat-major de lU.S. Air Force, suggère que ces missiles, auxquels
il peut falloir plusieurs heures pour atteindre leur objectif, peuvent ne pas offrir la
meilleure solution dattaque dobjectifs mobiles.14 Un seul missile
de croisière air-surface (Conventional Air-Launched
Cruise Missile CALCM) AGM-86D à tête conventionnelle de 1000 livres coûte
$1.8 million mais ne peut menacer quune portion dun objectif fortifié.15
Par contre, un B-2 transporte 16 munitions mixtes dattaque directe (Joint Direct Attack Munitions JDAM) de 2000
livres à forte puissance de pénétration coûtant moins de $25 000 chacune.16
En outre, les missiles de croisière traditionnels deviennent de plus en plus vulnérables
au système russe de missiles surface-air (surface-to-air missile, SAM) S-300/400 utilisé
pour créer un IADS à interdiction daccès. Le missile furtif interarmes tiré à
distance de sécurité AGM-158 coûte $330 000, offre une réaction rapide avec une
portée annoncée de 200 miles et un certain potentiel de destruction dobjectifs
fortifiés et mobiles.17 Le système SAM S-400 (SA-20) a toutefois une portée
dengagement évaluée à 250 miles, ce qui forcerait un avion de grande taille,
vulnérable et non furtif tel quun avion arsenal porte-missiles de croisière à ne
pas sapprocher à moins de 250300 miles du système qui le menace.18
Il se peut par conséquent que lavion arsenal proposé se révèle trop vulnérable
et coûteux, compte tenu des limites des armes à guidage inertiel, de la possibilité
pour le B-52 demporter 16 CALCM, de la charge de 24 missiles air-surface à guidage
inertiel du B-1 et du nombre croissant de plateformes navales armées de missiles de
croisière.19
A
la suite du succès du véhicule aérien sans pilote (Unmanned Aerial Vehicle UAV) Predator armé du missile Hellfire, lU.S. Air Force accélère ses efforts de mise au
point dun UCAV capable deffectuer une sortie de pénétration dans un
environnement à hauts -risques. LUCAV de démonstration technologique Boeing X-45A,
qui a commencé ses essais en vol en 2002, a largué avec succès un prototype de SDB et a
volé à des profils tactiques de concert avec un second UCAV X-45A (fig. 1).20
Le XC-45C, qui a la taille dun chasseur, doit voler en 2007 et offrir un rayon
daction de 1200 miles, une vitesse de croisière de Mach 0.8, un plafond
opérationnel de 40 000 pieds et une charge utile de 4500 livres.21 Boeing
propose maintenant un X-45D offrant le rayon daction, la charge utile et la taille
dun bombardier.22 Grâce à labsence de cockpit et de pilote,
lUCAV est plus discret que son équivalent piloté et mieux à même dattendre
dans un espace aérien hostile dattaquer des objectifs mobiles difficiles à
atteindre. Le véhicule de la taille dun bombardier exigera toutefois des
opérations de chasse lointaine en territoire ennemi, une suppression de la menace et un
brouillage de protection pour sauvegarder linvestissement très coûteux quil
représente. LUCAV de la taille dun chasseur demandera un engagement
prohibitif davions ravitailleurs pour opérer avec un rayon daction
planétaire.

Figure
1. UCAV X-45A lance une bombe inerte de 250 livres SDB.
(Sous lieutenant Brooke Davis, « X-45A complète le premier lancement dune bombe
inerte guidée. » Public
Affairs Office, Edwards AFB, California, 26 avril 2004,
http://www.edwards.af.mil/archive/2004/2004-archive-x45_weapon.html.) |
Des
charges plus élevées de munitions plus petites permettront à chaque B-2 dattaquer
des objectifs plus nombreux par sortie mais ne répondront pas au besoin dattaquer
un nombre toujours croissant de HDBT lors des phases initiales dun scénario
dinterdiction daccès. Larmement standard du B-2 consiste en 16 JDAM
GBU-32 de 2000 livres à haute puissance de pénétration. Des modifications sont en cours
pour permettre à chaque B-2 demporter 80 JDAM GBU-38 de 500 livres.23
Les partisans de cette solution déclarent que, dici 2007, le B-2 pourrait emporter
324 SBD de 250 livres. Il existe toutefois plus de 10 000 installations militaires
souterraines dans 70 pays du monde entier, dont plus de 1400 sont utilisées pour le
commandement et le contrôle stratégiques (C2), le stockage dADM et les silos de
missiles balistiquescest-à-dire des objectifs dune importance critique
lors des phases initiales de tout scénario futur dinterdiction daccès.24
Même si lon considère la précision améliorée et la plus grande puissance
explosives des armes plus petites, la deuxième loi de Newtonla force est égale à
la masse multipliée par laccélérationcontinue à sappliquer, ce qui
demande des armes conventionnelles lourdes et précises pour venir à bout des HDBT. Le
B-2 peut heureusement emporter huit des massives bombes anti-bunker GBU-37 de 5000 livres
et nous avons entamé la mise au point dune énorme bombe de 30 000 livres à haute
puissance de pénétration.25 Nos adversaires continueront à senterrer
et à creuser des tunnels plus profonds, empêchant ainsi des charges plus élevées de
munitions plus petites de combler le vide dintervention à léchelle
planétaire.
Autres
considérations
Les
avions furtifs ripostent à la menace des radars en déviant et absorbant lénergie
émise par ceux-ci. La déviation est principalement fonction de la forme de la structure
et labsorption dépend du revêtement du fuselage. Les avions furtifs peuvent
toujours heureusement survivre dans la plupart des zones à hauts risques avec un minimum
de soutien extérieur, comme lont prouvé deux F-117 solitaires frappant le premier
coup contre un bunker souterrain de Bagdad malgré la puissance de ses défenses, pendant
lopération Iraqi Freedom.26
Par contre, la descente dun F-117 dans un espace aérien hostile lors de
lopération Allied Force démontre que
les avions furtifs ne sont pas invincibles. Le déploiement des systèmes SAM
stratégiques mobiles russes guidés par radar S-300/400 (SA-10, -12 et -20), connus
également sous le nom de « SAM à deux chiffres » crée en réalité un mur
impénétrable pour les avions non furtifs, qui évoluera probablement pour menacer
également les plateformes furtives existantes.27 La forme de leur fuselage
étant désormais établie, les avions furtifs existants ne peuvent être améliorés
quen termes de revêtement de leur fuselage contre le système S300/400 en
amélioration constante. Les contre-mesures électroniques (ECM) et la destruction des
éléments de défense aérienne mobiles joueront par conséquent de plus en plus
importants pour aider la gamme existante davions furtifs à pénétrer dans un IADS
à interdiction daccès.
En
langage clair, les ECM les plus efficaces se produisent lorsquun avion brouilleur
descorte vient se placer entre le radar constituant la menace et lavion
dattaque. Malheureusement, les avions de contre-mesures électroniques EA-6B Prowler de lU.S. Navy et du U.S. Marine Corps sont trop lents et vulnérables
pour effectuer le brouillage descorte des B-2 dans un environnement
dinterdiction daccès.28 Le F/A-18G, que lon propose pour
remplacer lEA-6B de lU.S.Navy,
offre une vitesse supérieure mais souffre de la même vulnérabilité que nimporte
quel autre avion conventionnel contre un IADS à interdiction daccès. En outre, les
sous-marins de plus en plus silencieux, les mines discrètes et les missiles de croisière
antinavires peuvent obliger laviation embarquée à séloigner tellement des
côtes quelle exigera un engagement disproportionné des avions ravitailleurs basés
à terre. Un programme de remplacement des réservoirs en bout daile des B-52 par
des nacelles de brouillage qui permettra à ce vénérable bombardier doffrir un
brouillage continu à la distance de sécurité après le lancement dun CALCM est
actuellement en cours.29 Un tel brouillage devient toutefois moins efficace
lorsquun IADS à interdiction daccès oblige la plateforme à opérer à une
distance de plus en plus grande. LU.S. Air Force
prépare actuellement des programmes dutilisation de lUCAV furtif X-45C comme
plateforme de brouillage potentielle et le U.S.
Marine Corps envisage un dérivé du chasseur dassaut furtif interarmes F-35
pour remplace le EA-6B. Les experts ne sont toutefois pas sûrs de pouvoir monter à
lintérieur léquipement de brouillage normalement transporté dans des
nacelles extérieures, afin de préserver les qualités de discrétion, ni de pouvoir
remplacer par lautomatisation les trois officiers ECM de lEA-6B.30
Sil se révèle être un succès, le X-45C sans pilote est un candidat idéal pour
la dangereuse mission descorte en pénétration mais lemploi de lUCAV de
la taille dun chasseur à un rayon daction planétaire présente des
problèmes, compte tenu des besoins excessifs de ravitaillement en vol.
Le
repérage dobjectifs mobiles dans un environnement dinterdiction daccès
exige une collecte dinformations, une surveillance et une reconnaissance (ISR)
continues, rapprochées et discrètes. Lors de la Guerre du Golfe en 1991, lIrak
utilisa le camouflage, la dissimulation et la déception ainsi que la mobilité pour
cacher efficacement les affûts lance-missiles Scud dans les déserts de louest du
pays en dépit dun engagement considérable davions dassaut et de
plateformes ISR opérant à la distance de sécurité.31 Lors de
lopération Allied Force, les Serbes
déplacèrent constamment leurs systèmes SAM mobiles, empêchant ainsi les plateformes
ISR de fournir des informations utilisables de localisation dobjectifs. Il en
résulta que de vastes portions de lespace aérien serbe restèrent dangereuses pour
les avions non furtifs.32 Lors des opérations Enduring Freedom et Iraqi Freedom, le RQ-1A Predator et les UAV volant à haute altitude RQ-4A
Global Hawk apportèrent la preuve de la valeur considérable des missions ISR
rapprochées continues en termes de repérage, de relèvement et de poursuite des
objectifs apparaissant brièvement. Cependant, ni lun ni lautre de ces UAV
nest furtif et nous avons perdu de nombreux Predator
volant à basse altitude au-dessus du territoire ennemi.33 La menace des «
SAM à deux chiffres » limitera le rayon daction utile des plateformes ISR
conventionnelles de grande taille telles que le RC-135 Rivet Joint (surveillance des transmissions de
signaux) et le système de radar dattaque dobjectif sous surveillance
conjointe E-8. Les satellites sur orbite terrestre moyenne ou basse noffrent pas le
temps darrêt au-dessus dune zone particulière quexigent les missions
ISR continues. Il se peut en outre que les radars spatiaux soient dune fidélité
insuffisante pour assurer la poursuite des objectifs mobiles.34 Lun des
objectifs du programme X-45C vise à obtenir un temps dattente de deux heures avec
une charge utile de 4500 livres à 1000 miles de la base de lancement.35 Le
combustible économisé grâce au lancement à partir dun AAC près du territoire
ennemi augmentera lautonomie et permettra à lUCAV furtif X-45C
deffectuer une mission ISR continue dans un environnement à hauts risques. Nous ne
disposons toutefois pas actuellement de méthodes pratiques demploi dUCAV de
la taille dun chasseur à un rayon daction planétaire.
Pour
améliorer lefficacité et la capacité de survie dans un environnement à hauts
risques, les bombardiers B-2 doivent devenir une partie intégrante dun ensemble
dattaque coordonné qui inclut une couverture de chasse, la suppression des SAM et
un brouillage par lescorte. Les bombardements de jour effectués par les B-17 au
dessus de lAllemagne ne se révélèrent efficaces que lorsque les bombardiers
furent accompagnés par des chasseurs P-51 équipés de réservoirs extérieurs largables
jusquaux objectifs les plus éloignés et retour. LU.S. Air Force subit des
pertes dues aux SAM à loccasion de 15 des 729 sorties de B-52 effectuées au-dessus
du Nord ViêtNam en décembre 1972 lors de lopération Linebacker II et aurait subi des pertes beaucoup
plus importantes sans un brouillage dappui et les missions de suppression des SAM
exécutées par la chasse.36 Lors de lopération Allied Force, des F-15C éliminèrent les MiG
serbes du ciel, des F-16CJ détruisirent les SAM meurtriers et des EA-6Bs effectuèrent un
brouillage à distance dans le cadre dun ensemble coordonné pour améliorer
lefficacité et la capacité de survie des B-2 et F-117 furtifs.37 Ne
disposant que de 16 B-2 prêts au combat, lU.S.
Air Force ne peut se permettre de perdre un seul bombardier furtif abattu par un
chasseur ou SAM ennemi. Le concept de lAAC permet des opérations de chasse
lointaine en territoire ennemi, une suppression de la menace et un brouillage dappui
à rayon daction planétaire lorsquune interdiction daccès empêche
lexécution de ces missions à partir de bases régionales.
Le
concept de lAAC naboutira que si lUCAV employé à partir de
lavion-gigogne est optimisé pour exécuter aussi bien les missions ISR que celles
dattaque électronique. Lénergie avec laquelle les UCAV sont mis au point ne
doit pas être gaspillée par une tentative de reproduction de la capacité de tir à
haute fidélité du F/A-22 ou du F-117. La conception de la version de série du X-45C
doit plutôt mettre laccent sur les missions ISR continues et le brouillage
dappui rapproché dans un environnement à hauts risques cest-à-dire
des missions quaucune plateforme ne peut actuellement exécuter. La conception des
UCAV doit permettre le réarmement, le ravitaillement en combustible et les fonctions de
maintenance depuis le dessus du véhicule dans la mesure où la surface supérieure de
celui-ci sarrimera au dessous de lAAC. LUCAV de lAAC ne doit
emporter quune charge de petites bombes deux SDB pour engager les objectifs
à durée critique ou mobiles et la plus grande partie de sa charge utile doit
être consacrée aux systèmes ISR, à léquipement de brouillage et au supplément
de combustible permettant une persistance accrue. Les UCAV furtifs brouillant les radars
S-300/400 et repérant les lanceurs mobiles de SAM apporteront au B-2 un appui aussi
essentiel que le fut celui du P-51 pour le B-17 lors de la Deuxième Guerre Mondiale.
Historique
et faisabilité dun
aéronef porte-avions
Lidée
dun porte-avions volant nest pas nouvelle. Au début des années 30, les
dirigeables Akron et Macon de lU.S.
Navy furent conçus avec un hangar intérieur de 60 pieds sur 75 équipé dun
système de chariots suspendus permettant de parquer quatre avions de reconnaissance Sparrowhawk qui étaient lancés et récupérés au
moyen dun ensemble trapèzes-treuils rétractable (fig. 2). Egalement dans les
années 30, les russes se livrèrent à des expériences consistant à accrocher à un
bombardier Tupolev TB-3 des chasseurs destinés à lescorter, à exécuter des
missions dinterdiction aérienne et des attaques à longue portée.
Lexpérience la plus ambitieuse consista à faire transporter par un bombardier
lourd des chasseurs sur et sous chaque aile et un autre sur un ensemble de trapèzes
suspendu sous le fuselage.38

Figure
2. Curtis F9C-2 Sparrowhawk avec le USS Macon.
("Curtiss
F9C Sparrowhawk FightersPart
II: F9C-2s in Operation with Airships,"
Naval Historical Center, Photographic Section,
http://www.history.navy.mil/photos/ac-usn22/f&127;types/f9c-d.htm.) |
A
la fin des années 40, le désir dincorporer les leçons tirées de lemploi
descortes de chasse pendant la Deuxième Guerre Mondiale au concept de bombardier
intercontinental conduisit au développement du XF-85 Goblin, conçu pour être embarqué
dans la soute à bombes dun B-36 en étant lancé et récupéré au moyen dun
ensemble de trapèzes. Le XF-85 se révéla toutefois instable lors dessais en vol
avec un avion-gigogne B-29 (fig. 3). LU.S. Air Force effectua plus tard des essais
avec des B-36 transportant des F-84 sur un ensemble de trapèzes, et en leur faisant
remorquer les chasseurs au moyen dun mécanisme daccrochage en bout
daile. A cause de limportance croissante du renseignement lors de la phase
initiale de la Guerre froide, lU.S. Air Force décida de mettre laccent sur la
reconnaissance aux dépens de lescorte de chasse pour les aéronefs transportés par
avion-gigogne; elle employa pendant une très courte période une escadrille de GRB-36
transportant des chasseurs RF-84 au moyen de lensemble de trapèzes de la soute à
bombes (fig. 4). Les limites techniques et progrès réalisés dans le domaine du
ravitaillement en vol conduisirent lU.S. Air Force à mettre fin aux expériences
menées sur le transport de chasseurs par des avions-gigognes. Ces expériences
réalisées avec les B-36 démontrèrent toutefois la possibilité dutiliser un
ensemble de trapèzes comme mécanisme de lancement et de récupération pour lUCAV
dACC prévu pour être dépourvu dempennage et épais de quatre pieds
seulement.

Figure
3. XF-85 Goblin et B-29 aéronef gigogne.
Le programme Goblin McDonnell XF-85 avait pour but de pourvoir le B-36 Peacemaker dun chasseur pour sa protection
que le bombardier pouvait transporter dans sa soute à munitions. Le EB-29B remplaça le
B-36, qui nétait pas prêt pour les essais. À cause des intempéries, seuls trois
des sept essais furent couronnés de succès. ("Parasite Fighter Programs: Monstro and the XF-85 Goblins," Goleta Air and Space
Museum, http://www.air-and-space.com/globins.htm. Air Force Flight Test Center History
Office via Brian Lockett. Reprinted by permission.)

Figure
4. Laéronef transporteur.
Au début de la Guerre froide, lUS Air Force
avait besoin dun avion de reconnaissance qui pouvait atteindre des cibles à
lintérieur du territoire soviétique avec une rapidité et une manuvrabilité
qui lui permettrait dévader les défenses soviétiques. Le projet dun
aéronef transporteur (FICON) offrait une solution en utilisant le RB-36 intercontinental
pour transporter un chasseur de reconnaissance, le RF-84. Cependant, le programme a été
soudainement arrêté en janvier 1955 quand plusieurs avions avaient été endommagés en
essayant dengager le trapèze. ("Flying
Aircraft Carriers of the USAF: Project FICON," Goleta Air and Space Museum,
http://www.air-and-space.com/ficon.htm. Dave Menard via Brian Lockett. Reprinted by
permission.) |
Cela
fait plus de 40 ans que lagence nationale de laéronautique et de
lespace (National Aeronautics and Space
Administration, NASA) utilise le concept du transport par véhicule-gigogne. Le
lancement en vol davions-fusées et de planeurs de rentrée depuis le dessous de
laile dun B-52 fit progresser lexploration de lespace et le
développement de la navette spatiale. Deux avions porte-navette (Shuttle Carrier Aircraft SCA) Boeing
747-100 convoient désormais couramment létage orbital de la navette spatiale,
lui-même aussi grand quun DC-9, de la base aérienne Edwards AFB en Californie au
centre spatial Kennedy en Floride, en configuration piggyback.
Les modifications apportées au 747 incluent le montage de trois mâts darrimage de
navette et des renforts structuraux intérieurs associés, ainsi que de deux empennages
verticaux supplémentaires destinés à améliorer le contrôle de direction (fig. 5). En
1977, la navette spatiale Enterprise effectua cinq essais en vol libre depuis le
premier SCA avec séparation à des altitudes comprises entre 19 000 et 26 000 pieds (fig.
6). Létage orbital est long de 122 pieds et haut de 57 pieds, avec une envergure de
78 pieds; il pèse 175 000 livres environ lorsquil est transporté par le SCA.39
Si on les compare, le poids dun chasseur furtif avec son armement est le tiers de
celui de la navette et sa taille moins de la moitié de celle de la navette.40
La taille des chasseurs furtifs existants interdit de les transporter sous les ailes ou le
fuselage dun avion-gigogne mais ces appareils ne sont certainement pas trop grands
pour être transportés en configuration piggyback.

Figure
5. Shuttle carrier aircraft.
(National Aeronautics and Space Administration, Dryden Aircraft Photo Collection,
http://www.dfrc.nasa.gov/Gallery/Photo/STS-111/HTML/EC02-0131-10.html.) |
Lavion-cargo
747-400ER (autonomie prolongée) disponible dans le commerce paraît être le meilleur
candidat à la transformation en avion-gigogne AAC. Cet appareil de 231 pieds de long peut
transporter 250 000 livres sur 5000 miles, sans ravitaillement en combustible; à une
vitesse de croisière de Mach 0,85 et coûte $200 million environ.41 En
comparaison, le Boeing C-17, qui est long de 174 pieds, transporte 160 000 livres sur 2400
miles, sans ravitaillement en combustible; à une vitesse de croisière Mach 0,77 et
coûte $237 million.42 Le 747-400ER bénéficie dune autonomie
considérablement supérieure, lorsquon tient compte du poids dun chasseur
furtif (55 000 livres), du X-45C (36 000 livres) et de léquipement de soutien
associé. La possibilité de le ravitailler en vol donnera au 747-400 AAC le rayon
daction et lautonomie nécessaires pour effectuer des opérations
dintervention à léchelle planétaire dans un environnement
dinterdiction daccès. La plus grande longueur et la configuration standard de
lempennage vertical du 747-400ER, si on les compare à celles du C-17, faciliteront
larrimage dun chasseur furtif de 65 pieds de long en configuration piggyback. Le robuste plancher de chargement et la
soute immense de lavion-cargo 747-400 permettront le stockage des munitions,
linstallation de léquipage et les modifications structurales nécessaire au
montage des mécanismes de récupération.

Figure
6. Essai de vol libre de lEnterprise après la séparation du 747.
(National Aeronautics and Space Administration, Dryden Aircraft Photo Collection,
http://www.dfrc.nasa.gov/Gallery/Photo/ALT/HTML/ECN77-8608.html.) |
Le
concept de lAAC crée de nombreux défis technologiques, en particulier le
développement dun mécanisme de récupération en vol du chasseur furtif sur le dos
de lavion-gigogne. Une plateforme élévatrice à parallélogrammes articulés
ancrée au plancher de chargement, sétirant au travers du fuselage supérieur, puis
sélevant du dos au-dessus de lempennage vertical peut constituer un système
de récupération viable. Ce système permet au chasseur furtif deffectuer une
approche aux instruments pour atterrir train sorti sur la plateforme relevée. À
latterrissage, la plateforme bloque solidement le train, puis abaisse le chasseur
sur le dos de lavion--gigogne. Comme le fait létage orbital de la navette, le
chasseur furtif décollera du dos de lavion-gigogne. Lélévateur à
parallélogrammes articulés naura par conséquent pas à soulever un avion à
pleine charge, minimisant ainsi le poids et la complexité du mécanisme de levage. Il se
peut que lavion-gigogne 747 exige un double empennage vertical modifié semblable à
celui du SCA. Si cela est faisable, la distance séparant les empennages verticaux
pourrait permettre au chasseur deffectuer une approche aux instruments jusquau
dos de lavion-gigogne et éliminer le besoin dun mécanisme de levage à
parallélogrammes articulés. LAAC sera doté dun carénage rétractable
couvrant le nez et la zone du poste de pilotage du chasseur et dune trappe
permettant daccéder du dos de lavion-gigogne à lintérieur du
carénage pour faciliter laccès au poste de pilotage. Une série de trappes sur le
dos de lAAC permettront daccéder au dessous du chasseur pour le
ravitaillement en combustible, le réarmement et les opérations mineures de maintenance.
Un système de levage transfèrera les munitions du plancher de chargement intérieur de
lavion-gigogne par une trappe aux soutes à munitions du chasseur arrimé. Le
ravitaillement en carburant entre missions seffectuera généralement dans la
position darrimage. Lajout dun système de ravitaillement en vol
standard de lU.S. Air Force à perche et à conduit et cône flottants offrira une
extraordinaire souplesse de mission. Afin daméliorer la connaissance de
lespace de combat, lAAC sera doté dun ensemble de capteurs ISR relié
par réseau à celui des autres AAC, pour assister les plateformes ISR et le centre
multi-national dopérations air-espace.43 Ce qui précède ne représente
que quelques unes des options de conception dun AAC envisagées et cet article ne
saurait en aucun cas offrir un plan complet. Lexpérience suggère toutefois que le
concept de lAAC est réalisable et que linnovation peut surmonter les défis
technologiques.
Concept
demploi opérationnel
de laéronef porte-avions
Une
flotte de 60 avions-gigognes 747-400 permettra une rotation continue de groupes de 12 à
16 AAC par tranche de 24 heures en soutien aux opérations dintervention à
léchelle planétaire dans un environnement dinterdiction daccès.
Lassortiment de chasseurs furtifs sera fonction des contraintes propres à la
mission mais se composera probablement à parts égales de F/A-22 et de F-117. Les pilotes
des chasseurs furtifs restent dans les avions-gigognes jusquà ce quils
approchent des points de lancement pour maintenir un cycle de repos, recevoir les
instructions finales du centre multinational dopérations air-espace et procéder
aux briefings finaux de mission via une liaison de communication multiplex sécurisée.
Les chasseurs seront lancés de leur ACC juste hors de la portée des chasseurs adverses
pour former un ensemble dintervention coordonné avec deux bombardiers basés sur la
zone continentale des États-Unis (CONUS), des missiles de croisière air-surface et
mer-surface, des avions du système aéroporté de détection et de contrôle, des
plateformes ISR opérant à la distance de sécurité et des moyens aéronavals (en
fonction de la menace et de la disponibilité des ravitailleurs).44 Une partie
des UCAV seront lancés avant lensemble dintervention pour effectuer une
surveillance des transmissions de signaux, trianguler les emplacements des menaces,
assurer la poursuite des objectifs mobiles et arriver en position afin de fournir un
brouillage rapproché de protection. Les F/A-22 assureront la supériorité aérienne et
détruiront les objectifs mobiles de haute importance 24 heures sur 24, privant ainsi
lennemi du sanctuaire créé dans la journée par le fait que les B-2 et F-117 sont
limités aux opérations de nuit uniquement. Les F-117 augmenteront la capacité de
destruction dobjectifs fortifiés appliquée aux éléments clés C2, ADM et and
IADS.45 Le développement mené à bonne fin de la configuration du F/A-117
(peinture bleue permettant les opérations de jour) permettra des attaques de jour contre
un plus grand nombre dinstallations fortifiées et souterraines, contribuant -ainsi
à éliminer les sanctuaires.46
Après
avoir mené à bien la première intervention coordonnée de la nuit, les chasseurs
furtifs et certains des UCAV retourneront à leurs avions-gigognes pour se ravitailler en
carburant et en armement. Les autres UCAV resteront à leur poste pour collecter des
informations en préparation de lintervention suivante. Quatre à six heures après
voir mené à bien la première intervention, les chasseurs furtifs et les UCAVs seront
lancés pour constituer le deuxième ensemble dintervention de la nuit avec une
nouvelle paire de bombardiers B-2 arrivant de lextérieur du théâtre
dopérations. Larrivée et le départ des AAC individuels peuvent être
échelonnés pour accroître lefficacité opérationnelle de ceux-ci alors que
chaque AAC sera ravitaillé en vol toutes les 8 à 12 heures pour maintenir la durée
quils passent à leur poste. Cette cadence de combat permettra de maintenir la
présence de 12 à 16 AAC en permanence et de lancer deux ou trois ensembles
dintervention toutes les 12 à 24 heures avant le retour à la zone continentale des
États-Unis (CONUS) pour réparations et remise en état de chaque avion-gigogne, qui sera
remplacé par un autre AAC.
Bien
que conçu pour opérer en haut de léchelle des conflits, lAAC peut voir ses
capacités adaptées aux éventualités moins graves, à lexécution de raids et à
des situations faisant intervenir une seule attaque sur un objectif de haute importance
apparaissant brièvement. Son ravitaillement en vol peut permettre à un seul AAC de
maintenir une veille aérienne pendant une période prolongée (sans les limites de
fatigue de léquipage dont souffre le B-2) en attendant que se présentent les
conditions favorables à lexécution de lattaque discrète dun objectif
qui napparaîtra que brièvement. Des groupes dAAC pourraient en outre faire
respecter une zone dinterdiction aérienne dans le cadre dune stratégie de
présence aérienne coercitive prolongée lorsquune interdiction empêche
laccès à des bases régionales.
Au-delà
de la
première génération
La
combinaison dun avion-gigogne et daéronefs portés représente une méthode
plus efficace pour examiner le développement des bombardiers de lavenir. Le
bombardier piloté de lavenir pourrait utiliser le concept de lAAC et du piggyback dans lequel le plus petit bombardier
est optimisé en termes de pénétration des zones de danger, de capacité de survie et de
largage de bombes (en particulier contre les objectifs mobiles et fortifiés), réduisant
le coût du développement et le prix de lappareil, alors que lavion-gigogne
est conçu pour un long rayon daction et une charge utile élevée. Lindustrie
aéronautique américaine pourrait alors soptimiser pour profiter de la nouvelle
technologie de façon à construire un petit nombre (5060) de bombardiers et des
UCAV portés furtifs modernes relativement peu coûteux, avec un cycle de développement
assez court.47 Il serait possible de concevoir un appareil remplaçant le C-5B,
furtif et à ailes se fondant dans le fuselage, en ayant la mission de lAAC à
lesprit, en augmentant ainsi la synergie entre les forces de transport et
dintervention à léchelle planétaire. Le concept de lAAC offre par
conséquent un potentiel prometteur de réduction du risque stratégique à moyen terme,
dencouragement dune transformation à long terme et de possible révolution
dans lacquisition de systèmes de bombardement par lU.S. Air Force.
Conclusion
Compte
tenu de leurs intérêts globaux en expansion constante, de limportance croissante
de la vaste région Asie-Pacifique, de la réduction du temps de réaction et de la
prolifération des capacités dinterdiction daccès, les États-Unis doivent
faire face à une lacune dintervention à léchelle planétaire. La défense
des intérêts vitaux américains ne peut attendre lacquisition de la prochaîne
plateforme dintervention lointaine ni le développement dun véhicule
dintervention planétaire hypersonique sous-orbital. Les États-Unis doivent par
conséquent restreindre la lacune dintervention à léchelle planétaire pour
se protéger de lincertitude et des troubles dans lenvironnement de sécurité
à court et moyen terme. Le concept de lAAC permet aux F/A-22, aux F-117 et aux UCAV
de la taille dun chasseur de détruire des objectifs mobiles et fortifiés
dimportance critique tout en protégeant la flotte réduite de B-2 en exécutant des
opérations de chasse lointaine en territoire ennemi, une suppression de la menace et un
brouillage de protection avec un rayon daction planétaire dans un environnement
dinterdiction daccès. Une flotte de 60 AAC réduira la lacune
dintervention à léchelle planétaire à court terme en maintenant un
équilibre entre coût, potentiel, souplesse et risque stratégique. Les missions
dintervention à léchelle planétaire exécutées par les AAC et les B-2
finiront par assurer la supériorité aérienne, neutraliser les ADM et paralyser un
adversaire pour faciliter lintroduction davions de combat moins discrets sur
le théâtre dopérations. Les aéronefs porte-avions représentent une méthode
rentable et pratique permettant de combler la lacune dintervention à
léchelle planétaire dans un environnement dinterdiction daccès.
Notes
1.
Rebecca Grant, The B-2 Goes to War (Le B-2 sen va-t-en guerre) (Arlington,
VA: IRIS Press, 2001), 4042. La plupart des bases de lOTAN sont pourvues
dabris fortifiés résistant aux explosifs, conçus pour protéger des avions de la
taille dun chasseur dans un environnement nucléaire, chimique ou
bactériologiqueun potentiel qui peut ne pas exister dans les bases
expéditionnaires de nombreuses régions du monde.
2.
Lors des opérations Allied Force et Enduring Freedom, le B-2 exécuta ses missions à
partir de la base aérienne Whiteman AFB, Missouri, parce quaucune autre
noffrait les hangars climatisés que requiert le séchage des rubans adhésifs,
mastics et enduits associés à la maintenance du revêtement de fuselage absorbant les
ondes radar. Lors de lopération Iraqi
Freedom, les B-2 décollaient de Whiteman, bombardaient des objectifs en Afghanistan,
puis atterrissaient à Diego Garcia après un vol de plus de 40 heures. Après un
changement déquipage effectué moteurs en marche, les B-2 décollaient de Diego
Garcia et étaient de retour à Whiteman quelque 30 heures plus tard. Dans le cadre de ce
bombardement par navette, chaque sortie de combat nécessitait plus de 70 heures de vol.
Lors de la préparation de lopération Iraqi
Freedom, lU.S. Air Force construisit
des hangars de maintenance mobiles climatisés à Diego Garcia et à la base de la Royal Air Force de Fairford, en Angleterre, ce qui
réduisit le temps de transit et augmenta la disponibilité au combat dune manière
significative. Le droit de baser ces appareils à ces deux endroits exigea toutefois
lautorisation officielle du gouvernement britanniquequi pourrait ne pas être
toujours garantie. Rebecca Grant, An Air War
Like No Other (Une guerre aérienne pas comme les autres), Air Force Magazine
Online 85, n° 11 (novembre 2002),
http://www.afa.org/magazine/nov2002/1102airwar.asp.
3.
John A. Tirpak, Long Arm of the Air Force
(Le bras long de lU.S. Air Force), Air Force Magazine Online 85, n° 10
(octobre 2002), http:// www.afa.org/magazine/oct2002/1002longarm.asp.
4.
Tommy Franks, en collaboration avec Malcolm -McConnell, American Soldier (Soldat
américain) (New York : HarperCollins Books, 2004), 388; et Suzann Chapman, The War before the War (La guerre avant la
guerre), Air Force Magazine Online 87, n° 2 (février 2004), http://www.
afa.org/magazine/feb2004/0204war.asp.
5.
Adam J. Hebert, The Long Reach of the Heavy
Bombers (Lallonge des bombardiers lourds), Air Force Magazine Online 86,
n° 11 (novembre 2003), http://www.afa.org/magazine/nov2003/1103 bombers.asp.
6.
Le B-2 est le seul bombardier de lU.S. Air
Force pouvant emporter la bombe anti-bunker GBU-37 de 5000 livres guidée par système
de positionnement global (GPS). Voir « Armes intelligentes : bombes guidées par GPS »,
-GlobalSecurity.org, http://www.globalsecurity.org/military/systems/munitions/
smart.htm.
7.
Seuls 16 des 21 bombardiers B-2 figurant dans linventaire de lU.S. Air Force sont prêts au combat. Si on
considère la durée de 70 heures pour les sorties aller-retour au départ de la zone
continentale des États-Unis (CONUS) qui sappliqua lors de lopération Enduring Force comme le pire scénario et si on
présume un taux de disponibilité opérationnelle de 85 %, il serait raisonnable de
sattendre à ce que 1213 bombardiers B-2A soient disponibles pour exécuter
les missions quotidiennes. La durée des sorties et le nombre de bombardiers furtifs
disponibles se traduiront par un cycle de quatre appareils seulement dans la zone des
objectifs pendant chaque période de 24 heures, avec quatre bombardiers en route et quatre
autres retournant à la zone continentale des États-Unis (CONUS) ou déjà au sol en
cours de remise en état. Voir Hebert, « Lallonge
».
8.
Amy Butler, « Sambur: Proven Technology
Needed for Interim Air Force Strike Capability » (Sambur : une technologie «
éprouvée » nécessaire pour offrir un potentiel transitoire dintervention à
lU.S. Air Force), Defense Daily, 3 mai 2004, 4.
9.
Hebert, « Lallonge
»
10.
David A. Fulghum, « Taking a Chance » (Prendre
un risque), Aviation Week and Space Technology, 31 mai 2004, 28.
11.
David Hirschman, « Lockheed Awaits Word on Bomber
» (Lockheed attend des nouvelles concernant le bombardier », Atlanta
Journal-Constitution, 6 février 2004.
12.
« U.S. Air Forces FB-22 Concept Draws
Scrutiny in Hill Report » (Le concept de FB-22 de lU.S. Air Force attire
lattention du Congrès), Aerospace Daily and Defense Report, 2 juin
2004.
13.
Robert Wall et Douglas Barrie, « Making an Impact
» (Produire un impact), Aviation Week and Space Technology, 17 mai 2004, 44.
14.
Michael Sirak, « USAF Focuses on Future Long-Range
Strike Plans » (lU.S. Air Force met
laccent sur ses futurs plans dintervention lointaine), Janes Defence
Weekly, 28 janvier 2004.
15.
« Boeing Selects Lockheed Martin to Provide CALCM
Hard-Target Warhead (Boeing choisit Lockheed Martin comme fournisseur de la tête pour
objectifs fortifiés du CACLM), communiqué de Boeing Company, 2 décembre 1999,
http://www.boeing.com/news/releases/ 1999/news_release_991202o.htm.
16.
« Joint Direct Attack Munitions GBU-31/32 » (Munitions mixtes dattaque directe
GBU-31/32), fiche dinformation, Air Force Link, http://www.af.mil/factsheets/
factsheet.asp?fsID=108.
17.
Robert Wall, « Changing Perceptions »
(Perceptions changeantes), Aviation Week and Space Technology, 15 septembre 2003,
32.
18.
S-300PMU3/S-400 SA-20 Triumf, GlobalSecurity.org,
http://www.globalsecurity.org/military/world/russia/s-400.htm et « Study Finds Current,
Planned Long-Range Strike Capability Lacking » (Une étude constate que les potentiels
actuel et prévu dintervention lointaine sont insuffisants), Inside the Air Force,
10 octobre 2003, 1.
19.
Pour tenter daccroître le potentiel de projection de la puissance de feu à longue
portée de lU.S. Navy, le Defense
Transformation Board recommande la conversion de quatre sous-marins nucléaires lanceurs
dengins balistiques en porte-missiles de croisière. Voir Frank Wolfe, « Panel Advises Navy JSF Acceleration; SSBN Conversion;
B-2A Modernization » (Une commission conseille une accélération du programme JFS
pour lU.S.Navy, la conversion de SNLE et la modernisation du B-2A), Defense Daily
International 2, n° 23 (15 juin 2001),
http://web.lexisnexis.com/universe/document?_m=75be873eca268c008ebc734206978772&_docnum=40&wchp=dGLbVlz-lSlzV&_md5=2009ddc2df
89c08cc415a021dce90c3f.
20.
Robert Wall, « Lock Step; Boeing Demonstrates UCAVs
Operating in Formation » (Boeing fait la démonstration de lemploi dUCAV
en formation), Aviation Week and Space Technology 161, n° 6 (9 août 2004): 33; et
Robert Wall et David Fulghum, « Stage Setting » (Préparer le terrain), Aviation Week
and Space Technology 160, n° 17 (26 avril 2004): 32.
21.
« Boeing Receives First Engines for X-45C Unmanned
Combat Aircraft » (Boeing reçoit les premiers moteurs destinés à lavion de
combat sans pilote X-45C), communiqué de Boeing Company, 18 novembre 2004,
http://www.boeing.com/news/releases/2004/q4/nr_041118t.html.
22.
Fulghum, « Taking a Chance » (Prendre un
risque), 28.
23.
John A. Tirpak, « Bomber Questions » (Doutes
concernant les bombardiers), Air Force Magazine 84, n° 12 (décembre 2001):
42.
24.
« Nuclear Posture Review Report » (Rapport
dexamen du dispositif nucléaire), GlobalSecurity.org, 8 janvier 2002,
http://www.globalsecurity.org/wmd/library/ policy/dod/npr.htm.
25.
Michael Sirak, « Massive Bomb to MOP Up Deeply
Buried Targets » (Une bombe massive pour écraser les objectifs enterrés à grande
profondeur), Janes Defence Weekly, 21 juillet 2004.
26.
Franks, American Soldier, 45361.
27.
Le système S-300, vendu récemment à lIran, est actuellement en service en Russie,
dans la plupart des anciennes républiques soviétiques, en Bulgarie, en Chine et en Inde.
Voir John A. Tirpak, « The Double-Digit SAMs »
(Les SAM à deux chiffres), Air Force Magazine Online 84, n° 6 (juin 2001),
http://www.afa.org/magazine/june2001/0601sams.asp.
28.
Pour tenter de réduire ses dépenses et améliorer la coopération interarmes, lU.S. Air Force retira sa flotte de EF-111 du
service à la fin des années 90 et sappuie désormais sur les flottes dEA-6B
de lU.S.Navy et du U.S. Marine Corps pour le brouillage et la guerre
électronique.
29.
John A. Tirpak, « The New Way of Electron War »
(La nouvelle guerre électronique), Air Force Magazine Online 87, n° 12 (décembre
2004), http://www.afa.org/-magazine/Dec2004/1204electron.asp.
30.
Robert Wall, « EA-35 Assessment » (Evaluation
de lEA-35), Aviation Week and Space Technology 162, n° 1 (3 janvier 2005):
54.
31.
Pour plus de détails sur lengagement de ressources considérables pour détecter
les missiles Scud sans grand résultat, voir Rick Atkinson, Crusade: The Untold Story
of the Persian Gulf War (La croisade : lhistoire jamais racontée de la Guerre
du Golfe) (Boston : Houghton Mifflin Company, 1993), 14448.
32.
Benjamin S. Lambeth, NATOs Air War for Kosovo: A Strategic and Operational
Assessment (La guerre aérienne de lOTAN au Kosovo : évaluation stratégique et
opérationnelle) (Santa Monica, Californie: RAND, 2001), 230,
http://www.rand.org/publications/MR/MR1365/.
33.
Richard J. Newman, « The Little Predator That Could
» (Le Predator, petit mais efficace), Air
Force Magazine Online 85, n° 3 (mars 2002),
http://www.afa.org/magazine/march2002/0302predator_print.html.
34.
Robert Wall et David A. Fulghum, « Under
ScrutinyUSAF Reconnaissance, UCAV Plans Undergo Senior-Level Appraisal » (Sous
surveillanceUne évaluation des plans de lUSAF en matière de reconnaissance
et dUCAV est en cours au plus haut niveau), Aviation Week and Space Technology,
20 septembre 2004, 26.
35.
Si la charge utile de moyens ISR et dattaque électronique est inférieure à 4500
livres au total, les économies de poids et de volume réalisées peuvent permettre
dobtenir une capacité supplémentaire de combustible pour une présence prolongée
dans lespace de combat. Robert
Wall, « Head to Head » (Affrontement direct), Aviation
Week and Space Technology 160, n° 8 (23 février 2004): 37.
36.
Walter J. Boyne, « Linebacker II », Air
Force Magazine Online 80, n° 11 (novembre 1997),
http://www.afa.org/magazine/nov1997/1197lineback.asp.
37.
Grant, B-2 Goes to War, 4042.
38.
Michael Taylor, The Worlds Strangest Aircraft (Lavion le plus bizarre
du monde) (Hertfordshire, Royaume Uni : Regency House Publishing, Ltd., 2001), 4245.
39.
Ibid.
40.
Les chasseurs furtifs ont un poids de 55 000 livres environ, une longueur de 65 pieds et
une hauteur de 16 pieds, avec une envergure de 44 pieds. Voir
« F-117A -Nighthawk », http://www.af.mil/news/factsheets/F_117A_ Nighthawk.html. Voir
également « F-22 Raptor, » Air Force Fact Sheets,
http://usmilitary.about.com/od/afweapons/l/blf22.htm.
41.
« Technical CharacteristicsBoeing 747-400
Freighter » (Caractéristiques techniques de lavion-cargo Boeing 747-400),
Boeing Company, http://www.boeing.com/commercial/747family/pf/pf_400f_prod.html.
42.
« SpecificationsC-17 Globemaster III Tactical
Transport Aircraft, USA » (Caractéristiques techniques de lavion de transport
tactique américain C-17 Globemaster), Airforce-technology.com,
http://www.airforce-technology.com/projects/c17/specs.html.
43.
Lun des objectifs de transformation de lU.S.
Air Force est de créer un ravitailleur « intelligent » qui élargit la mission de
ravitaillement en vol pour faire de lui une plateforme de communications et appuie les
efforts visant à intégrer toutes les plateformes présentes dans lespace de combat
à un réseau plus vaste dinformation/détection. Dans la mesure où les
ravitailleurs sont toujours proches de lespace de combat ou en vol sur des
itinéraires intercontinentaux dans le cadre dun pont aérien, ils peuvent
constituer les nuds aériens de ce réseau de communications dans lespace de
combat avec des capteurs passifs et une connectivité du type Link 16. Le même concept
peut être appliqué à un ensemble ISR destiné à lAAC. Lidéal serait de
pouvoir doter lAAC dune version plus petite du radar de surveillance air-air
prévu pour lavion C2 multicapteur E-10,
permettant ainsi dobtenir une image aérienne en réseau pour les missions C2 et de
protection des moyens aériens précieux (High
Value Airborne Asset HVAA). Amy Butler, « Tanker Smarts » (Lintelligence des
ravitailleurs), Aviation Week and Space Technology 162, n° 8 (21 février 2005):
3940.
44.
Si on se base sur une flotte de 60 747-400 AAC et un taux de disponibilité de 80 %, 48
AAC seraient disponibles en permanence. Comme pour les missions CONUS-CONUS des B-2A, un
tiers des appareils disponibles seraient à leur poste, un tiers reviendraient de leur
précédente mission et le tiers restant seraient en route, ce qui fait que 16 AAC
seraient à leur poste pendant chaque période de 24 heures.
45.
Afin de maximiser le potentiel contre les HDBT, chaque B-2A emportera huit bombes de la
classe de 5000 livres, soit un total de 32 bombes par nuit. Huit F-117s, emportant chacun
deux bombes de la classe de 2000 livres à haute puissance de pénétration, effectueront
deux sorties par nuit avec lancement depuis lAAC, soit un total de 32 armes
perforantes. Si la conversion du F/A-117A est couronnée de succès, une sortie
supplémentaire de jour par chaque F/A-117 ajoutera 16 armes perforantes de plus.
46.
Laura Pellegrino, « A Nighthawk in Raptors
Clothing » (Un Nighthawk déguisé en Raptor), Air Combat Command News Service, 8
décembre 2003, http://www2.acc.af.mil/accnews/dec03/03348.html.
47.
Conçu et construit par les célèbres ateliers « Skunk
Works » de Lockheed, le F-117A évolua en partant dun concept dappareil
de démonstration technologique en deux ans et demi, le premier vol de lavion de
série ayant lieu quatre ans plus tard. Un
total de 64 cellules a été produit. Paul F. Crickmore et Alison J. Crickmore, -Nighthawk
F-117 Stealth Fighter (Le chasseur furtif F-117 Nighthawk) (Ann Arbor, Michigan : Lowe
and B. Hould Publishers, 2002), 18289.
Le
colonel George D. Kramlinger
(USAFA; MAAS, School of Advanced Airpower Studies; MA, Naval War College) commande le
612ème Groupe dopérations aériennes au quartier général de la 12ème Air Force,
Davis-Monthan AFB, Arizona. En
tant que directeur du centre multinational dopérations aériennes (combined air
operations center, CAOC) des US Southern Air Forces, il est chargé du planning et de
lexécution des opérations air/espace dans la zone de responsabilité du Southern
Command. Il a servi en tant que pilote, officier détat-major et chef dunité,
y compris planificateur dans un CAOC et pilote de F-117A ayant exécuté des missions de
combat au-dessus de la Yougoslavie lors de lopération Allied Force. Plus
récemment, il a servi comme directeur adjoint des opérations pour le CAOC 6 de
lOTAN à Eskisehir, en Turquie. Le colonel Kramlinger est diplômé de la Squadron
Officer School, de lAir Command and Staff College (avec mention) et du Naval War
College (avec mention), ayant également suivi le USAF Fighter Weapons Instructor Course
(cours dinstructeur darmement de la chasse de lUSAF).
Vous
pouvez aussi lire larticle dans la revue Air & Space Power Journal
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