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par Rémy Mauduit (Madoui)
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Résumé
de léditeur : La mise en application dactions coordonnées dans
lOpération Libération de lIrak, une guerre à réseaux
informationnels synergiques et intégrés, ainsi que lamélioration des senseurs et
des armes influencera léquipement futur de lOTAN et les décisions de
structure militaire. Lauteur déclare que les nations qui ne sadapteront pas
à ces évolutions ne satisferont pas aux standards requis par de futurs partenaires de
coalition. La mise en uvre par lOTAN dune Force de Réaction ainsi que
dautres initiatives montre quelle entend ce message et renforce ses liens
transatlantiques. |
Dans
les années à venir, les scénarios opérationnels demanderont de plus en plus de
coopération multinationale.1 Ce concept sapplique non seulement à des
alliances de défense aux structures existantes en temps de paix - comme lOTAN ou
lUnion Européenne du futur mais aussi, et plus particulièrement, à ce
quon appelle les coalitions volontaires, taillées sur mesure suivant les
nécessités dune mission donnée. Il y a quelque temps, par exemple, le parcours indispensable pour parvenir à cette
interopérabilité passait par lInitiative de la Capacité de Défense de
lOTAN. Depuis, la Force de Réaction de lOTAN, qui doit atteindre sa pleine
capacité opérationnelle en 2006, est devenue le moteur principal du changement et la
pierre angulaire de son succès. Les plans prévoient un équipement des contingents
européens de la Force de Réaction de lOTAN tel quil permette une
coopération totale avec les forces des États-Unis dans toute la gamme des opérations.
Etant donné que les États-Unis ont un rôle militaire de pionniers et une supériorité
technologique, ce pays va dominer lévolution des guerres pour plusieurs décades
encore. Ce pourquoi nous serions bien inspirés dexaminer de plus près les
documents politiques américains et les conférences stratégiques qui vont diriger ces
développements et de tirer des leçons de la façon américaine de conduire les
opérations pendant lOpération Libération de lIrak. Ceci nous aidera à
identifier les changements que les partenaires dune coalition avec les EU doivent
suivre pour assurer une compatibilité en terme de conduite dopérations.
Les
enseignements apportés par Libération de lIrak permettent de tirer des conclusions
quant à la guerre aérienne dans de futurs conflits. Mais avant toute évaluation des
résultats de cette opération, il faut prendre en considération la situation initiale de
la guerre :
les sorties effectuées dans les zones dexclusion aérienne nord et sud
neutralisèrent la majeure partie des systèmes de défense aérienne de lennemi
avant le début des hostilités. Qui plus est, la force aérienne iraquienne navait
pas effectué un seul vol. En conséquence, la coalition profita de sa supériorité
aérienne sur la majeure partie du pays au tout début des hostilités, prévenant le
besoin dune campagne aérienne élargie préalable à loffensive terrestre.
une analyse du déploiement initial ne peut pas ignorer le fait, que depuis
lOpération Tempête du Désert en 1991, les forces de la coalition, dont certaines
équipées lourdement, étaient restées dans la région du golfe, prêtes à un
déploiement de force important.
enfin, il faut prendre en considération la différence des capacités des adversaires
impliqués dans le conflit en termes de technologie et dentraînement. Les forces
armées iraquiennes se sont révélées incapables depuis le début de mener une action
commune; nombre de ses éléments étaient plus adaptés pour la prévention de troubles
internes que pour conduire une guerre. Donc, ce qui sest passé du côté irakien
pendant lopération sest résumé à une très statique guerre terrestre.
En
raison de ces différentes circonstances, on ne peut pas appliquer les leçons de la
guerre dIrak à de futurs conflits. On peut toutefois tirer quelques principes du
concept de changement américain et du déroulement pratique de la guerre.
Lélément central du processus de transformation entraîne une évolution des
forces qui se prêtent delles-mêmes à un emploi plus efficace. Les guerres futures
seront gagnées par des forces rapidement déployables, plus petites, plus mobiles et plus
légères, capables dengager immédiatement le combat sur le théâtre des
opérations. Dans ce contexte, le simple rapport de force deviendra moins important. En
fait, les opérations futures mettront en valeur la capacité dinteropérabilité,
le développement de la guerre à réseaux informationnels synergiques et intégrés (NCW:
NetworkCentric Warfare), lemploi intensif
de forces dopérations spéciales (SOF : Special
Operations Forces) et une augmentation des opérations de renseignement. Donc, une
vitesse accrue, une amélioration de la précision et de la souplesse dans la conduite des
opérations, des raids aériens précis mais massifs et des opérations basées sur les
résultats détermineront la planification opérationnelle.2 Parmi les autres
facteurs déterminants on peut compter une utilisation accrue de lespace;
lemploi de haute technologie, de bombes intelligentes et de drones (UAV) qui offrent
une connaissance des résultats presque simultanée pour un champ de bataille à réseaux
informationnels synergiques et intégrés; et un mouvement rapide des forces terrestres
mobiles.
Ces
tendances, résumées parfois dans les média sous le nom de Doctrine Rumsfeld
se retrouvent dans les concepts et les conférences stratégiques développés en grande
partie par des penseurs militaires avant la seconde nomination de Donald Rumsfeld comme
secrétaire de la défense. On trouve ces concepts particulièrement bien exprimés dans
un document militaire de politique stratégique connu sous le nom de Joint Vision
2020 (Vision Interarmées 2020).3 Cet article prend en considération le
nouveau niveau dinteropérabilité, la capacité de conduire une guerre à réseaux
informationnels synergiques et intégrés, la portée des nouveaux capteurs et nouvelles
armes et limportance de la mobilité et du support.
L
Interopérabilité
La
guerre dIrak a marqué la diminution du rôle prédominant des forces aériennes et
le rôle ascendant des forces terrestres. Dans la guerre du Golfe en 1991, dans la guerre
du Kosovo et dans lOpération Liberté Durable (Operation Enduring Freedom), on sétait
concentré sur les capacités de la force aérienne avec des armées reléguées en
arrière plan. Aujourdhui, mener une guerre aérienne de haute technologie est un
apport essentiel pour la reconnaissance et lattaque des commandements politique et
militaire et des structures de communication de lennemi. Des opérations
chirurgicales dirigées de loin et avec une grande précision (épargnant la population
civile et minimisant les pertes des forces armées) démontrent limportance vitale
et cruciale de la puissance aérienne. Cependant, même actuellement, la force aérienne
seule ne peut pas réaliser les objectifs opérationnels de manière décisive comme en
témoigna la guerre terrestre pendant Libération de lIrak; elle montra que des
unités lourdement armées et ayant une considérable puissance de feu étaient toujours
un élément nécessaire dans un combat darmes combinées.
Généralement
parlant, bien que les guerres futures nécessiteront toujours des forces terrestres, la
force aérienne et sa supériorité continueront à
avoir une importance cruciale pour les succès opérationnels - en dépit de toutes les
formes asymétriques de guerres. Par exemple, étant donné lautonomie et la
précision de leurs capacités modernes, les forces aériennes peuvent aider les forces
terrestres en empêchant la concentration ou la formation de larmée ennemie. En
plus, les forces aériennes associées aux forces navales contribuent au succès
opérationnel par le déploiement du personnel et lapport de soutien logistique.
La
guerre dIrak a clairement montré que le succès requiert la simultanéité et
loptimalisation des services de toute une série de systèmes darmes
différents, rapidement utilisables, le tout étant basé sur une supériorité
impressionnante et une importante densité de linformation sur tout le champ de
bataille, sur lemploi de Forces dOpérations Spéciales (SOF) et sur les
opérations de renseignement. En particulier, linteraction entre les personnels des
SOF, les capacités de renseignement, de surveillance et de reconnaissance (ISR) et les
forces aériennes ainsi que lemploi de 802 missiles dattaque-sol Tomahawk de
la marine américaine fut une démonstration remarquable dune guerre inter-armées.
La guerre a montré les avantages et lefficacité des opérations conjointes qui ont
évolué dune simple coopération, autrement dit dactions non-conflictuelles,
en 1991, à une intégration exemplaire. A lavenir, les frontières entre les
différents types dopérations aériennes sestomperont voire disparaîtront
complètement puisque les plates-formes darmes peuvent être employées avec
souplesse. En outre, le flot accru des informations fera la différence avec certaines
catégories dopérations aériennes relatives à la planification et au processus de
non-conflit, devenues obsolètes. Lefficacité dune guerre inter-armées
amène à la conclusion implicite que des composantes de force plus petites mais mieux
entraînées sont suffisantes pour le succès des opérations. Les forces terrestres
employées dans Libération de lIrak, par exemple, ne comptaient que trois divisions
américaines et une britannique.
Quoiquil
en soit, cette extension de linteropérabilité ne fonctionne que si les services
sont étroitement reliés. La guerre dIrak et dautres conflits récents
nont pas eu lieu sur un champ de bataille cohérent avec une ligne de front
ininterrompue et on ne peut pas sattendre à ce genre de configuration pour les
guerres à venir. Dans un pareil environnement et sans réseaux les forces armées ne
peuvent pas opérer efficacement. On peut donc conclure que la guerre réseaux-centrique
est une condition sine qua non pour linteropérabilité.
La
Guerre à réseaux informationnels
synergiques et intégrés
Les
caractéristiques dune guerre à réseaux informationnels synergiques et intégrés
(NCW) englobent rapidité, supériorité de linformation, supériorité dans la
souplesse de décision qui est elle-même la base de la supériorité dexécution.
La supériorité de linformation dépend dune multitude de différents
capteurs aériens ou basés dans lespace. Dans ce contexte, le développement futur
devra sattacher à minimiser les problèmes de compatibilité entre les différents
capteurs utilisés par les divers services et organisations qui récoltent les données de
reconnaissance. Lobjectif ultime consiste à produire une image uniforme et
accessible dune situation donnée dans laquelle les informations provenant de
différentes sources confluent. La Force Aérienne des États-Unis a choisi son ISR
manager (Renseignement, Surveillance et Reconnaissance), actuellement en développement,
pour représenter simultanément en un tableau de situation, les données fournies par
AWACS - « Airborne Warning and Control System
» (système de détection et dalerte aéroporté), JSTARS « Joint Surveillance
Target Attack Radar System » (système radar interarmées de surveillance et
dattaque dobjectif), U-2, Rivet Joint et UAV
aircraft (drone), ainsi que par lavion de reconnaissance électronique de la
marine américaine EP-3 . On trouve une approche similaire dans le concept de lavion
expérimental à multicapteurs MC2A-X, destiné à combiner en une plate-forme les
capacités de contrôle de guerre aérienne de lAWACS, celles denregistrement
de guerre terrestre du JSTARS et celles de lavion Rivet Joint de récolter les
signaux de renseignement. On peut en outre ajouter au répertoire de ces avions leurs
fonctions de ravitaillement.
Pour
faire en sorte dassurer la supériorité de décision, on a développé des
procédures et mis sur pied des organisations de manière à ce que les représentants des
groupes de la reconnaissance, du renseignement et de la direction militaire puissent
prendre des décisions rapides et coordonnées.
On
peut citer un exemple négatif retard de prise de décision- de perte de temps dans
le processus de détermination des objectifs qui se produisit pendant la guerre du Kosovo.
Mais la cellule de réaction temps- détermination dobjectifs créée au
centre des opérations aériennes combinées (CAOC) de Riyad, Arabie Saoudite, pendant la
guerre dIrak, permit aux forces engagées sur le théâtre des opérations de
réagir immédiatement, grâce à la capacité de prendre des décisions rapidement.
Il
ny a que le réseau de capteurs modernes armés réalisant la reconnaissance
et la surveillance dun champ de bataille pratiquement en temps réel -, qui puisse
fournir la base de la supériorité dinformation et de décision. Ce réseau
influence directement lallure des opérations. Il réduisit par exemple le délai
nécessaire entre lacquisition dobjectif et le lâchage darmes (càd le
délai senseur-à-tireur) de jours à heures durant la guerre du Golfe en 1991 et
dheures à minutes dans Libération de lIrak. Les futurs développements
techniques, tels les MC2A-X et ISR manager cités plus haut, ainsi que de nouvelles
procédures, vont continuer à réduire le délai. En Afghanistan par exemple, un Predator
UAV (drone) communiqua pour la première fois directement, des données de reconnaissance
à un C-130. Ceci non seulement élimina la perte de temps nécessaire au transfert de
données, celle nécessaire à lanalyse et lévaluation dans un CAOC (centre
dopérations aériennes combinées) mais permit également au C-130 dutiliser
ses armes directement pendant un premier survol sans avoir à effectuer au préalable un
passage de reconnaissance. Cette procédure révéla en plus un autre élément -essentiel
de la guerre à réseaux informationnels synergiques et intégrés. Expédier des
informations à des niveaux inférieurs de commandement qui a aboutit à une guerre plus
autonome et décentralisée, donnant plus de responsabilité aux unités de ces niveaux.
Cette sorte de guerre dans laquelle le commandement donne plus de liberté et de
responsabilité à des unités de niveaux inférieurs aussi longtemps quelles
agissent en accord avec les tactiques densemble a fait partie de la doctrine
de guerre germanique depuis le milieu du dix-neuvième siècle; elle est connue sous le
nom de Auftragstaktik (tactique de missions). Cest pourquoi nous sommes
persuadés que les forces allemandes sont tout à fait prêtes à appliquer la NCW sous
cet aspect. On doit établir les préalables suivants pour éviter de perdre contact avec
le système de réseau digital de la NCW : interopérabilité, moyens modernes
didentification, assurance de prise de décision rapide, amélioration de la
planification commune, avancée dans le développement technologique des capteurs et des
armes. Dans le futur, la NCW reliera les résultats aériens et spatiaux de la
reconnaissance avec le renseignement, le niveau du commandement et des communications, et
le champ de bataille. Pour autant, cela ne remplace pas le combat direct. L information
pointue et sa distribution peuvent minimiser mais non supprimer le « brouillard de la
guerre » clausewitzien.
Les
Capteurs
Le
fait que 10 types de drones équipés de différents capteurs aient été mis en action
pendant la guerre dIrak montre leur bien fondé croissant dans diverses opérations.
Ils continueront à prendre de limportance comme substituts et dans les multiples
possibilités demploi des systèmes inhabités. Grâce aux capacités tout-temps et
combat-de-nuit des UAV (drones), les conditions météorologiques et les restrictions dues
à lobscurité deviendront des facteurs de guerre moins importants. Ces systèmes
inhabités rendent possibles des combats de nuit précis sans que lennemi puisse les
en empêcher ou les repérer. Ils peuvent également utiliser les armes de façon précise
dans le brouillard, les nuages, la fumée ou la brume. Ainsi, le champ de bataille du
futur noffrira plus aucun refuge à lennemi puisque les UAV (drones) peuvent
diriger et engager des forces 24 heures sur 24. Une capacité tout-temps et combat-de-nuit
deviendra un préalable indispensable à toute participation à des opérations
aériennes.
La
domination de lespace sera un facteur plus important de la supériorité aérienne.
Bien que les bases spatiales militaires et les systèmes civils fournissent des données
de communication, de reconnaissance et météorologiques, seuls les satellites permettent
lemploi de nouvelles armes contrôlées par GPS (système de repérage de position
par satellite), telle la munition de type JDAM. Avec leur base synchrone, les satellites
jouent un rôle essentiel dans la guerre à réseaux informationnels synergiques et
intégrés. Pendant Libération de lIrak, 27 satellites au total déterminaient la
position des forces amies et étrangères et les coordonnées de cibles identifiées.
Les
tentatives irakiennes de brouiller le GPS marquèrent le début dune « guerre de
navigation » dans laquelle des contre-mesures asymétriques tenteront de barrer
laccès aux moyens de navigation reconnus. Après la guerre dIrak, le
secrétaire Rumsfeld annonça linstrumentalisation accélérée de la « doctrine de
navigation de guerre » destinée à empêcher lennemi dutiliser le GPS tout
en assurant son usage militaire par les forces amies. Ceci signifierait le brouillage
local du signal GPS civil ou lutilisation de nouvelles technologies.
Les
Armes
Les
opérations ont montré que les actions pré-planifiées de mode classique sont devenues
moins importantes du fait des changements rapides dans les missions et de la
désignation de cible à lavion pendant sa sortie. Ces procédures demandent de la
souplesse dans le commandement, le contrôle, lemploi et larmement. Les
plate-formes modernes sont des avions multi-rôles, destinés à différents types
demplois et capables de transporter le plus de sortes possibles de munitions.
Le
choix des munitions change laspect de la guerre. Le développement de la technologie
des armes mène au progrès de la capacité de précision et à lutilisation de
différents systèmes de contrôle dans larme même (ex, guidage-laser, contrôle
satellite, systèmes à guidage inertiel). Il en résulte que les opérations deviennent
plus rentables, que loptimalisation de lemploi des armes sur lobjectif
est meilleure, que le risque de dommages collatéraux diminue. Par exemple, le nombre
relativement peu élevé de victimes civiles pendant la guerre dIrak et les images
montrant la ville de Bagdad en grande partie intacte reflètent le succès des efforts
faits pour épargner les cibles civiles, ainsi la protection des infrastructures civiles
et des bases économiques en vue du rétablissement de lordre après la guerre.
Dans
une certaine mesure, les appareils de la coalition utilisèrent les bombes inertes pendant
la guerre pour accentuer leffet de bombardement plutôt que celui des armes.
Quoiquil en soit, malgré la haute technologie, les bombes à gravité ont
représenté 30% des munitions larguées à cause de leur utilité contre certaines
cibles- par exemple lattaque dunités motorisées. Tout bien considéré, on
observe une tendance qui va de la désignation dobjectif pré-planifiée à un choix
dynamique et du classique bombardement dusure au bombardement basé sur les
résultats.
Lemploi
de bombardiers stratégiques en coopération avec le personnel des SOF (forces
dopérations spéciales) fait penser que leur autonomie et leur capacité de
chargement en feront à lavenir des systèmes darme importants dès quon
établira la supériorité aérienne comme préalable à leur emploi. Grâce à leur
portée, il nest plus nécessaire dobtenir des autorisations de se baser. A
lavenir, seule une plate-forme informatisée de commandement, de contrôle, de
communication, de renseignement, de reconnaissance et de surveillance qui soit sûre,
rapide, efficace presque instantanément et redondante assurera linstauration
dune supériorité aérienne. Lintégration des autres forces armées en
termes de technologie et de procédure deviendra plus difficile à cause du développement
accéléré de la puissance aérienne des États-Unis.
Mobilité
et Soutien
Dans
ce contexte, il faut prendre en considération les éléments de soutien au combat. Les
logistiques doivent pouvoir suivre lallure rapide de la conduite des opérations.
Par exemple pendant Libération de lIrak, la capacité du système logistique
détermina la vitesse des forces terrestres. Le refus de la Turquie de laisser les forces
américaines opérer à partir de son territoire souligne notre dépendance par rapport
aux droits détablir des bases et cette question deviendra particulièrement
-significative dans le futur.
On
doit également avoir la possibilité de déployer des forces rapidement et sur de grandes
distances. Une option serait de prendre action très tôt et de déployer des forces sur
de petits sites temporaires dans ou près de zones de crise potentielle, comme cela
sest passé pour la guerre dIrak. Une autre option met en avant une
relocalisation stratégique des forces, comme lont fait les États-Unis quand ils
déplacèrent la 173ème brigade aéroportée dItalie au théâtre des opérations
en Irak et transportèrent par air la 26ème unité expéditionnaire de la marine
directement de la Méditerranée sur la zone de combat.
Etant
donné que lon ne peut transporter quun faible pourcentage du personnel et du
matériel par air, on doit commencer à se focaliser sur des systèmes darmes
relocalisables en permanence vers des contingents de bases marines établis partout dans
le monde. Pendant lopération air-sol en Irak du nord mentionnée plus haut, un
avion de transport C-17 relocalisa pour la première fois un tank M-1 Abrams, mais
relocaliser un seul tank avec un C-17 ne pose pas trop de difficulté
En tout cas,
on peut envoyer une force militaire à partir de la mer partout dans le monde, récolter
linformation ennemie suffisamment tôt et se rendre moins dépendant des bases de
support et des questions de souveraineté étrangère. Utiliser des grandes plate-formes
(p.ex avion de transport) pour effectuer le transport stratégique par mer et par air
déterminera le cours de la guerre du futur.
Conclusion
Les
leçons tirées de Libération de lIrak auront une influence à long terme sur la
doctrine des futures guerres (aériennes). Inter-opérabilité, guerre à réseaux
informationnels synergiques et intégrés et, en particulier, améliorations des capteurs
et des armes caractérisent cette nouvelle forme de guerre qui va changer l«image
classique » des forces armées et aura des conséquences sur la structure et
léquipement des services armés. Mais lasymétrie caractéristique de cette
guerre ne permet pas de conclusion globalement valable. Nous avons de toute façon franchi
le seuil dune nouvelle forme de guerre. Une nation qui ne suivrait pas cette
évolution se trouverait dans limpossibilité dêtre conforme aux standards,
condition requise dun partenaire de coalition dans de futures guerres.
En
équipant la Force de Réaction de lOTAN, lalliance a montré quelle
comprenait le message. LOTAN fait une approche sérieuse du changement en
réorganisant les structures de lalliance, des forces armées et des capacités.
Ceci servira à combler graduellement lécart transatlantique souvent montré du
doigt en matière de technologie et de conduite dopérations donc à renforcer
lOTAN en tant que liaison transatlantique clé.
Notes
1.
Au cours de lopération Libération de lIrak, les 29 étudiants du 47ème
Commandement de la Force Aérienne allemande et de lEcole Supérieure de Guerre à
la Führungsakademie de Hambourg, étudièrent
les leçons tirées de la guerre aérienne sur lIrak. Ils sortirent une étude de
200 pages publiée en Allemagne et distribuée à toute la Force Aérienne allemande. Cet
article est tiré du dernier chapitre de létude, écrit par lauteur.
2.
Un glossaire définit les EBO, opérations basées sur les résultats comme un «
processus pour atteindre un effet stratégique recherché, ou « effet » sur
lennemi, à travers lapplication synergétique, multiplicative et cumulative
de toute la panoplie des capacités militaires et civiles aux niveaux tactique,
opérationnel et stratégique. (Glossaire du Commandement des Forces Interalliées),
http://www.jfcom.mil/about/glossary.htm#E. On lance une action décisive directement
contre les points vulnérables critiques et les centres de gravité de lennemi de
façon à obtenir des résultats qui autrement nauraient été atteints
quaprès de longues périodes dusure tactique et opérationnelle. Par exemple,
pendant Libération de lIrak, les forces de coalition prirent la peine
dépargner, linfrastructure de transport, le système des sources
dénergie, et les institutions médiatiques de façon à rétablir lordre
après la guerre. LEBO (opération basée sur les résultats) offre
lopportunité de réduire les coûts et déviter les dommages collatéraux.
Agir ainsi aide à justifier la guerre aux yeux du public- un impératif qui sera de plus
en plus tangible à lavenir.
3.
Joint Vision 2020 (Washington, DC : Chefs dEtat Major des Armées,
2000)
Le
lieutenant colonel Frank M. Graefe
(MS, Université des forces armées, Munich, Allemagne) est commandant de la 2e
escadrille, Fighter Wing (FW) 71, « richthofen » à la base aérienne de Wittmund en
Allemagne. Il a occupé plusieurs positions en tant que pilote et membre
détat-major dont pilote dans la FW 73 « Steinhoff » à la base aérienne de Laage
et FW 74, à la base aérienne de Neuburg en Allemagne. Le colonel Graefe a commencé sa
formation de pilote à la base aérienne de Sheppard au Texas et a participé au cours de
formation opérationnelle F-4 à la base aérienne de Holloman à New Mexico. Il est
actuellement pilote avec plus de 1000 heures de vol sur F-4F Phantom. Le colonel Graefe
est diplômé de la Fuehrungsakademie lécole de commandement et
détat-major des forces armées allemande à Hamburg.
Vous
pouvez aussi lire cet article dans la revue Air & Space Power Journal
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