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coalition est un type particulier dalliance : il sagit dune
alliance temporaire concertée ou négociée, complexe et dactualité.
Lalliance
militaire peut être considérée comme la forme « embryonnaire » de la sécurité
collective [Sur, 2005]. Des Etats se rassemblent pour mettre en commun leur sécurité,
promouvoir et défendre leurs intérêts communs. Lalliance militaire repose sur la
distinction entre « nous » et « les autres », ces derniers étant perçus comme une
menace contre laquelle il faut sallier et se protéger mutuellement (lOTAN et
le Pacte de Varsovie durant la guerre froide). La sécurité collective au contraire ne
différencie pas le « nous » des « autres ». Elle implique un engagement universel et
réciproque contre quiconque mettrait en danger la sécurité commune. Elle prend appui
sur la conviction que la sécurité internationale est un bien commun à tous les Etats.
La sécurité collective sinscrit ainsi dans une démarche dinclusion
(coalition) à laquelle échappe lalliance militaire. Ainsi, la Chine, qui était
qualifiée de « menace stratégique du XXIe siècle » dans la Quadrennial Defense Review de 2001, est-elle
devenue un « allié stratégique des Etats-Unis dans la lutte contre le terrorisme »
dans la National Security Strategy de septembre 2002.
Dans
un monde multipolaire et beaucoup plus dangereux, une réponse plus collective, voire
globale, que défensive, face aux nouveaux enjeux sécuritaires internationaux est
inévitable. La multiplication des conflits intra-étatiques, laffaiblissement de
lEtat, le terrorisme, la prolifération des armes de destruction massive, etc. font
des coalitions des systèmes appropriés à lère post-bipolaire de la guerre
froide.
Ces
coalitions ne sont pas une nouveauté en soi, mais elles sont en train de devenir la
règle plutôt que lexception, en matière militaire et de sécurité
internationale. Elles permettent déviter les contraintes propres aux alliances
militaires multilatérales et dinviter un groupe d« alliés » rapidement :
« Lalliance devient un choix, une possibilité utilisable à la carte
et non une obligation inhérente à un des fondements de la politique étrangère de
lEtat » [Parmentier, 2005].
La
mondialisation des menaces favorise ces coalitions de circonstances au détriment
dalliances stables. Les alliances de défense territoriale sont complètement
dépassées et remises en cause par la fluidité du risque qui se substitue à la menace
au sens traditionnel et militaire. Face aux dangers transnationaux le terrorisme,
la criminalité organisée la réponse consistant à former des alliances semble
beaucoup moins adéquate, étant donné que les Etats de lalliance ne sont pas
confrontés aux mêmes risques, avec la même intensité et au même moment.
En
matière de Défense, la seule certitude dans le contexte stratégique actuel, est que les
forces armées dun Etat ne peuvent agir à lextérieur de leurs frontières
sans mettre sur pied une coalition. Cela implique que toutes les règles régissant
lengagement des forces sur un théâtre dopérations, la doctrine
demploi des forces, de chacun des Etats impliqués, convergent. En un mot, les
armées doivent être interopérables à tous les niveaux, ce qui touche lensemble
du spectre des opérations, à savoir aussi bien les aspects stratégiques que les aspects
opérationnels ou tactiques.
Avec
la complexification des menaces internationales, le multilatéralisme reste un moyen
unique de gérer les crises et de résoudre les conflits. Laction étant
dautant plus efficace quelle est menée par le plus grand nombre. Dans ce
contexte, lalliance militaire, au sens traditionnel du terme, apparaît
aujourdhui dépassée. A la lumière de la « théorie de léquilibre des
menaces » proposée par Stephen Walt : désormais, les Etats ne sallieraient plus
les uns contre les autres, mais contre les menaces globales.
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